L'escalade des conflits au Sud-Liban, exacerbée par les frappes israéliennes ciblant le Hezbollah, soulève de sérieuses inquiétudes concernant la mission des Casques bleus de la Finul. Les récentes pertes de trois soldats indonésiens ont précipité une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.
La situation est d'autant plus précaire que ces frappes ont fragilisé la mission de la Finul, mise en place depuis 1978 et composée de 10 500 membres de 49 nationalités, dont 700 militaires français. Alors que la France a annoncé un soutien accru, la pression sur ces forces de maintien de la paix ne cesse de croître.
«Intimidations»
Les opérations israéliennes ont impliqué des actes d'intimidation à l'encontre des Casques bleus français. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a récemment condamné ces comportements inacceptables, faisant état d'incidents survenant dans la région de Naqoura, au sud du Liban. La sécurité des troupes françaises est désormais une préoccupation majeure, selon des sources au ministère des Armées.
Les Casques bleus français sont répartis sur plusieurs sites, avec le quartier général à Naqoura et d'importantes troupes basées au camp de Dayr Kyfa. Un autre poste clé est localisé près de Bin Jbeil, un bastion du Hezbollah, rendant leur mission particulièrement délicate.
«Blue line»
Au quotidien, la mission consiste à surveiller la « blue line », une démarcation de 80 km entre le Sud-Liban et le nord d'Israël. Bien que ce ne soit pas une frontière officielle, la tension y est palpable, exacerbée par les opérations militaires israéliennes. La priorité actuelle est d'assurer la sécurité des Casques bleus, selon des déclarations officielles. Les patrouilles avec les forces libanaises se réduisent, mais certaines missions humanitaires continuent.
Ce jeudi, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, tiendra des discussions avec ses homologues européens afin d'évaluer les capacités opérationnelles des Casques bleus dans ce contexte tendu. Avec l'annonce d'une occupation israélienne potentielle dans le Sud-Liban, le mandat de la Finul devra être repensé, d'autant que sa mission actuelle est prévue jusqu'au 31 décembre 2026.
Des blindés pour le Liban
La France maintient son soutien au Liban. À Beyrouth, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo, a remis 39 véhicules blindés destinés à soutenir les forces libanaises dans les zones les plus exposées.







