Trois soldats indonésiens de la Finul ont perdu la vie en seulement deux jours dans le Sud-Liban, victimes de tirs dont l'origine demeure incertaine, d'après des informations de l'ONU. Ce tragique incident survient alors que la Finul, créée en 1978 pour "rétablir la paix et la sécurité internationales", affiche aujourd'hui le bilan humain le plus lourd parmi les missions de maintien de la paix de l'ONU.
Depuis sa création, la Finul a été mise à l'épreuve par de nombreux conflits, de l'invasion israélienne de 1982 à la guerre de 2006, et plus récemment aux nouvelles escalades de tensions, exacerbées par les frappes conjointes israélo-américaines contre l'Iran. "Les casques bleus ne sont ni engagés avec le Hezbollah ni affichant une réelle capacité d'intervention, résultant en une présence qualifiée d'inefficace", témoigne Guillaume Ancel, écrivain et ancien officier de l'armée française, qui a servi sous le mandat de l'ONU.
Une mission contestée
Les hostilités persistent au Liban, renforcées par une intensité accrue des combats depuis le début des récents affrontements. Bien que la Finul dispose de 8.195 personnels pour surveiller la région, son rôle suscite des critiques croissantes. Ancel qualifie cette mission d'"inutile", arguant que la présence de ces troupes onusiennes demeure symbolique face aux réelles violences. "Leur présence gêne, surtout les Israéliens, qui n'apprécient guère d'être placés sous l'œil des observateurs", confie-t-il.
Les casques bleus sont souvent immobilisés par des règles d'engagement qui leur interdisent de riposter. Les événements récents montrent bien que leur désarmement, face aux provocations israéliennes, est devenu un défi logistique et stratégique. En effet, lors d'incidents récents, des soldats israéliens ont mis en joue des membres de la Finul sans répercussions.
Une légitimité fragilisée
La Charte des Nations Unies permet pourtant l'usage de la force dans des cas de légitime défense. Cependant, son application reste exceptionnelle, comme l'illustre l'inaction de l'ONU face à des situations critiques passées, y compris celle du Rwanda. Ce silence et cette impunité croissante nourrissent le scepticisme quant à l'autorité de la Finul sur le terrain.
Alors que la mission au Liban pourrait prendre fin d'ici quelques mois suite à une résolution de l'ONU, les conséquences des récents conflits pèsent lourdement sur la population locale. Les chiffres du ministère libanais de la Santé indiquent plus de 1.238 victimes, y compris 124 enfants, depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah, ce qui soulève des préoccupations quant à la nécessité et à l'efficacité de la mission de la Finul. L'ONU devra jouter pour justifier la poursuite de son mandat alors que l'escalade de la violence continue à déstabiliser la région.







