Les Etats-Unis ont décidé d'imposer à partir de lundi un blocus sur les ports iraniens, suite à l'effondrement des négociations directes entre les deux nations. Cette décision est le résultat de tensions croissantes, Washington reprochant à Téhéran de ne pas abandonner ses ambitions nucléaires.
Après cette annonce, le Pakistan, qui a hébergé ces discussions, a appelé au respect d'une trêve de deux semaines établie entre les deux pays. Cependant, ni Washington ni Téhéran n'ont donné d'indications sur l'avenir de ce cessez-le-feu, qui doit expirer le 22 avril.
Les autorités américaines justifient leur décision par des accusations selon lesquelles l'Iran chercherait à développer une arme nucléaire, ce que le gouvernement iranien réfute fermement. La situation a été exacerbée par une offensive lancée avec Israël, qui a causé plus de 6 000 morts, notamment en Iran et au Liban, provoquant des perturbations sur l'économie mondiale.
L'armée américaine a déclaré qu'à partir de lundi à 14H00 GMT, un blocus serait appliqué à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, entrant ou sortant des ports iraniens. Toutefois, les navires n'ayant pas pour destination l'Iran pourraient toujours circuler à travers le détroit d'Ormuz, un passage crucial pour le commerce de l'énergie.
Le président américain a affirmé que les discussions de plus de 20 heures s'étaient bien passées mais a clairement indiqué qu'il était prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes si un accord n'était pas atteint. "Nous sommes submergés par le désespoir et l'incertitude", a déclaré Nahid, une mère de famille de 60 ans à Téhéran, qui souffre des conséquences de six semaines de bombardements.
Donald Trump a qualifié l'échec des négociations de situation inacceptable, promettant un blocus naval. Bien que les détails de cette opération restent flous, le président a mentionné que le Royaume-Uni et d'autres pays enverraient des dragueurs de mines dans la région. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réagi en affirmant que l'Iran ne céderait face à aucune menace.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont averti qu'ils étaient prêts à piéger leurs adversaires dans un "tourbillon mortel", affirmant contrôler la navigation dans le détroit. L'amiral Shahram Irani a qualifié les menaces de blocus de "ridicules".
Selon l'agence Fars, des pétroliers pakistanais se sont retournés en raison des tensions, entraînant la paralysie de plusieurs navires commerciaux. Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale de Tel-Aviv, note que le blocus ne forcera probablement pas l'Iran à céder.
Les délégations, bien qu'ayant quitté le Pakistan, n'ont pas complètement fermé la porte aux négociations. Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré qu'ils revenaient avec une proposition simple et attendent une réponse de Téhéran.
L'Iran, par la voix de son porte-parole Esmaeil Baqaei, accuse les Etats-Unis d'essayer d'imposer leurs conditions, évoquant une atmosphère de méfiance. Parallèlement, de nouveaux pourparlers sont prévus entre les États-Unis et des représentants libanais, tandis que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, continue de veiller à la sécurité des frontières avec le Liban.







