Un ministre sud-coréen a récemment évoqué des soupçons d'exploitation d'un site d'enrichissement d'uranium par la Corée du Nord, une étape clé dans la fabrication d'armes nucléaires. Les États-Unis ont décidé de restreindre le partage de données satellites avec la Corée du Sud à la suite de ces déclarations, rapportent plusieurs médias, dont le quotidien Le Parisien.
Le ministre sud-coréen de l’Unification, Chung Dong-young, a affirmé devant l’Assemblée nationale que la Corée du Nord pourrait être en train d’exploiter un site à Kusong, situé dans le nord-ouest du pays. Si cela s'avère exact, cela représenterait une avancée significative dans leurs capacités nucléaires.
Aucune réaction officielle du Pentagone
En réponse, les États-Unis ont accusé Chung d’avoir divulgué des informations sensibles sans autorisation, ce qui a conduit à la limitation du partage d’informations. Un responsable militaire sud-coréen, sous le couvert de l'anonymat, a précisé à l'agence Yonhap que ces restrictions sont effectives depuis début avril, mais qu'elles n'affectent pas la préparation militaire globale.
« La collecte et le partage de renseignements sur les activités militaires nord-coréennes se poursuivent normalement entre les États-Unis et la Corée du Sud », a-t-il ajouté, tentant de rassurer sur l'efficacité des opérations conjointes.
Inquiétudes croissantes sur le programme nucléaire
Critiqué par l'opposition, Chung a exprimé son regret quant à l’interprétation de ses déclarations comme une fuite. Il a souligné que ses informations étaient basées sur des données accessibles au public. De son côté, le président sud-coréen Lee Jae Myung a pris sa défense, en affirmant que l'existence du site de Kusong était un fait documenté par des recherches académiques et des articles de presse.
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large, alors que Rafael Grossi, le président de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a récemment mis en garde sur l'augmentation de l'arsenal nucléaire nord-coréen lors d'une conférence à Séoul. La Corée du Nord, ayant mené son premier essai nucléaire en 2006, reste sous le coup de sanctions de l’ONU en raison de ses ambitions militaires, tout en empêchant l'accès aux inspecteurs de l'AIEA depuis 2009.







