La nouvelle archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, a entamé samedi une visite de quatre jours à Rome où elle est reçue par le pape Léon XIV. À 63 ans, elle est la première femme à diriger l'Eglise anglicane, comptant environ 85 millions de membres.
Ce voyage, le premier à l'étranger depuis son intronisation il y a un mois, marque un tournant dans les relations entre les anglicans et les catholiques. Elle rencontrera le chef des 1,4 milliard de catholiques lundi matin. Ce moment historiques fait écho à une rencontre d'il y a 60 ans entre l'archevêque Michael Ramsey et Paul VI, une première depuis la création de l'Eglise d'Angleterre par Henri VIII.
Les relations entre les deux Eglises se sont progressivement renforcées, mais des divergences subsistent, notamment concernant l'ordination des femmes, ce qui rend la visite de Mullally particulièrement significative. Les femmes évêques anglicanes ont été introduites aux États-Unis en 1989, et leur ordination en Angleterre a été légalisée en 2014, bien qu’elle reste un sujet de débat.
De son côté, l'Eglise catholique demeure attachée à l'idée d'un clergé masculin, refusant l'ordination des femmes. Des militantes pour les droits des femmes, qui espéraient des avancées sous le précédent pontife François, estiment que cette visite pourrait influencer la réflexion du pape sur le rôle des femmes dans l'Eglise. "La présence d'une femme archevêque pourrait peut-être amener le pape à reconsidérer certaines positions" a souligné Sylvaine Landrivon, porte-parole de l’association catholique féministe Magdala.
Lors de cette rencontre, qui coïncide avec une période de division interne au sein des deux Eglises, l'archevêque Mullally et le pape aborderont des enjeux sociaux cruciaux comme la pauvreté, l’immigration et le milieu environnemental. Les deux leaders sont également confrontés aux révélations de violences sexuelles impliquant des membres du clergé, un sujet qui a profondément marqué les deux institutions.
Anthony Ball, représentant de l’archevêque au Vatican, a affirmé que cette rencontre serait essentielle pour établir une relation personnelle et institutionnelle forte entre les deux Eglises. "Le pape et l’archevêque font face à des contextes divisés, mais ils démontrent une volonté d’écouter et de dialoguer," a-t-il noté.
Cette visite de Sarah Mullally pourrait donc non seulement renforcer les liens entre l’Eglise anglicane et l’Eglise catholique, mais aussi ouvrir un dialogue sur la place des femmes dans la spiritualité chrétienne contemporaine. Dans le contexte actuel, la voix de Mullally est plus cruciale que jamais, alors que chaque Eglise cherche à naviguer à travers des défis sociétaux complexes tout en tentant de maintenir l’unité de leurs fidèles.







