En Russie, le pouvoir ne parvient plus à masquer les difficultés économiques croissantes de la population. Avec l'imposition d'un vingtième train de sanctions de la part des Européens, le Kremlin peut-il encore financer son effort de guerre ?
Par Matthieu Le Gall
Une influenceuse russe interpelle le président, s'adressant à ses 682 000 abonnés pour dénoncer la peur instaurée par le régime. Sa démarche est-elle sincère ? Un leader communiste à la Douma redoute une révolution cette automne, évoquant « une répétition de ce qui s’est passé en octobre 1917 ». Ces discours ambivalents sont-ils réellement symptomatiques d'un malaise croissant ?
En Europe, chaque indication indiquant que le Kremlin perd le contrôle sur le récit de la guerre soulève des interrogations. Douter est nécessaire, tant le président Poutine, ancien agent du KGB paranoïaque, a rendu opaque la gouvernance. Cependant, les tensions sont palpables. L’économie russe semble au bord de l’effondrement après plusieurs années d'un conflit où le pays paraît embourbé.
Moscou minimise la gravité de son déficit, tandis que la corruption imbibe le complexe militaro-industriel, selon les propos du directeur des services secrets suédois, Thomas Nilsson. Les taux d'intérêt élevés étranglent les emprunteurs, et certains analystes préviennent d'un risque réel de crise financière. Même Vladimir Poutine a exprimé ses préoccupations concernant le ralentissement du PIB dans ses dernières déclarations publiques.
Cependant, les drones ukrainiens ne peuvent pas gagner à eux seuls cette guerre. L'importance des narrations est cruciale, et bien que l'évolution de la propagande russe doive être interprétée avec prudence, elle indique un changement notoire à l'Est.







