Un courriel interne du Pentagone, révélé par Reuters, fait état de diverses options pour sanctionner certains alliés européens jugés "difficiles" dans le contexte de la guerre en cours contre l'Iran. Parmi celles-ci, la suspension de l'Espagne de l'OTAN est mentionnée comme une possibilité.
Ce document expose la "frustration" américaine face au manque de soutien militaire de plusieurs pays européens, dont l'Espagne, accusés d’avoir négligé d'accorder les droits d'accès, de stationnement et de survol dans le cadre des engagements de l'OTAN. Comme le souligne le média espagnol El Pais, le Pentagone cherche à envoyer un message fort pour contrer le sentiment de droit acquis parmi les Européens.
Des tensions stratégiques intensifiées
Ce climat de tension découle du refus d'un soutien militaire direct à l'offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. La réponse de Madrid à cette situation a été claire, affirmant son engagement en tant qu’allié, selon les mots du Premier ministre Pedro Sánchez, qui a insisté sur le fait que "l'Espagne se conforme pleinement à ses obligations au sein de l'OTAN".
Suspension : une menace symbolique
Malgré l'impact médiatique de cette proposition, la notion de suspendre l'Espagne apparaît principalement théorique. Le traité fondateur de l'OTAN ne prévoit en effet aucun mécanisme pour exclure ou suspendre un État membre. Les décisions significatives doivent être prises par consensus, rendant toute initiative unilatérale peu probable.
De son côté, le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a également affirmé que l'Espagne demeure un "membre à part entière" de l'Alliance, soulignant qu'il ne s'agissait pas d'une position officielle du gouvernement américain. À l’instar de Sánchez, il a cherché à minimiser l'importance de ce courriel contesté, trouvé à Chypre lors d'une réunion régionale.







