Des avancées incertaines : négociations américano-iraniennes à Islamabad

Les pourparlers entre Iran et États-Unis reprennent sous tension à Islamabad.
Des avancées incertaines : négociations américano-iraniennes à Islamabad
©Brendan SMIALOWSKI, AFP - (g-d) L'ambassadeur d'Israël Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le président américain Donald Trump, le secrétaire d'Etat Marco Rubio et l'ambassad

Les discussions entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre commencent à prendre forme vendredi, avec l'envoi de négociateurs des deux parties à Islamabad, sans garantie de pourparlers directs, deux semaines après l'échec d'une précédente session.

La trêve au Liban, un autre épicentre du conflit, demeure tout aussi fragile.

Déclenché par une offensive des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, le conflit au Moyen-Orient a entraîné des pertes humaines considérables, principalement en Iran et au Liban, effritant par la même occasion l'économie mondiale.

Islamabad attend depuis plusieurs jours la reprise des pourparlers américano-iraniens, qui avaient commencé il y a deux semaines mais avaient été interrompus peu de temps après. Bien que les États-Unis aient prolongé unilatéralement le cessez-le-feu, l'avenir des négociations reste incertain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a été accueilli à Islamabad vendredi soir, mais il n'a pas abordé la question d'une reprise des discussions avec les Américains.

Selon les médias iraniens, aucune rencontre avec les négociateurs américains n'est prévue.

Les représentants du président américain, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront au Pakistan ce samedi pour discuter avec les délégués iraniens, malgré les doutes persistants sur l'efficacité de cette rencontre, comme l'a précisé Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche.

JD Vance, vice-président et chef de la dernière délégation américaine, ne fera pas ce voyage, bien qu'il soit envisagé de le faire revenir si des progrès significatifs sont réalisés.

Après Islamabad, Abbas Araghchi prévoit de continuer sa tournée vers Oman et la Russie, d'après l'agence officielle iranienne.

- "Vitale pour le monde" -

Alors que la tension reste palpable, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz est complètement paralysé. Ce passage stratégique, qui précédemment représentait environ 20 % du transit mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, est aujourd'hui soumis à un double blocus, tant iranien qu'américain.

Antonio Costa, président du Conseil européen, a souligné que la réouverture d'Ormuz était "vitale pour le monde entier".

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont la prolongation a été annoncée ce jeudi par Donald Trump suite à des discussions entre des représentants israéliens et libanais à Washington, fait face à des défis constants.

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a déclaré : "Nous avons entamé un processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban, mais il est évident que le Hezbollah tente de le compromettre".

Le Hezbollah chiite, affilié à l'Iran, qui a ravivé les combats en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a déclaré par la voix de l'un de ses députés, Ali Fayad, que la prolongation du cessez-le-feu n'avait "aucun sens" au regard des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

Le Hezbollah a également exhorté l'État libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël".

- "Nous rentrons chez nous" -

Deux personnes ont été tuées lors d'une frappe israélienne dans le sud du Liban, selon les autorités sanitaires. L'armée israélienne a également rapporté avoir neutralisé six membres du Hezbollah au cours d'une escarmouche, après qu'un drone israélien ait été abattu.

En outre, l'armée israélienne a demandé l'évacuation d'un village du sud du Liban, marquant le premier appel de ce type depuis l'annonce de l'extension du cessez-le-feu. De son côté, l'agence libanaise officielle ANI a signalé une frappe israélienne sur Deir Aames.

Ahmad Choumari, un habitant de Saïda âgé de 74 ans, a exprimé : "Une négociation directe avec Israël signifierait reconnaître l'ennemi. Malgré mes doutes, je rentre chez moi, dans l'espoir que le cessez-le-feu devienne permanent".

Enfin, la Finul, la force de paix de l'ONU, a annoncé la perte d'un de ses Casques bleus indonésiens, blessé le 29 mars au sud du Liban.

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