Osama Nuristani, un villageois afghan, a longtemps survécu grâce au lait de ses vaches alors que les ressources s'épuisaient dans les magasins. Isolés par la guerre avec le Pakistan, les habitants de la vallée de Kamdesh ont enfin reçu une aide d'urgence après des semaines de souffrance.
Un convoi humanitaire chargé de nourriture, de matériel médical et d'eau potable a atteint le village de Kamdesh, situé dans la province du Nouristan, au cœur de l'Hindou Kouch, après des heures de route difficile. Ce moment tant attendu a été salué par les villageois qui, depuis deux mois, vivent des pénuries extrêmes.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), près de 136 000 personnes, soit 17 000 familles dans les régions de Kamdesh et Barg-e-Matal, ont été affectées par ces pénuries dues à l'insécurité et à l'accès restreint. Un jeune agriculteur, Osama, explique : "La route était fermée, et il devenait impossible de trouver des produits de base tels que la farine, l'huile ou le sucre."
Évitant les bombardements en provenance du Pakistan, il a été contraint de quitter son domicile pour se réfugier dans une cabane montagnarde. Grâce aux maigres ressources qu'il a pu réunir, il a tenu le coup. Aujourd'hui, il a enfin reçu farine, pois, sel et huile, apportés par le Programme alimentaire mondial (PAM).
Les tensions entre le Pakistan et l'Afghanistan se sont exacerbées, Islamabad accusant l'Afghanistan d’abriter des militants. Les combats ont mené à la fermeture quasi totale de la route d'accès à cette région isolée, entraînant une aggravation des pénuries.
L'ONU a rapporté que des incidents violents avaient rendu cette route dangereuse pour les humanitaires et les civils, précisant qu'une collaboratrice d'une ONG avait été tuée alors qu'elle tentait de passer.
Malgré cette situation critique, des notables des deux bords de la ligne Durand, qui marque la frontière entre les deux pays, ont convenu d'un cessez-le-feu, permettant ainsi l'acheminement de l'aide humanitaire. Cette route est essentielle pour relier les communautés partageant langue et culture.
Mohammad Naeem, un leader local, souligne l'importance d'ouvrir cette voie pour faciliter le déplacement des habitants. Le CICR a aussi fourni des équipements médicaux pour surmonter les pénuries dans les centres de santé.
Les voix des civils se font entendre. Ejaz Ahmad, agriculteur de 34 ans, déclare : "Quand la guerre éclate, ce sont les gens ordinaires qui souffrent. Nous espérons que les deux parties prêteront attention aux besoins des civils pendant ces conflits." L'ONU fait état de plusieurs centaines de blessés civils depuis la reprise des hostilités.







