Le sommet informel des chefs d’État et de gouvernement de l'Union européenne s'est terminé ce vendredi à Nicosie. Les dirigeants ont eu l'opportunité d'échanger avec les présidents du Liban, de l'Égypte, de la Syrie et le prince héritier de Jordanie, tout en réfléchissant à l'application de la clause de défense mutuelle du traité de Lisbonne.
Réunis à Chypre, un pays qui affiche un nombre d'habitants d'un million, les dirigeants européens des Vingt-Sept ont voulu marquer leur solidarité avec l'île. Il convient de rappeler que la base militaire britannique d'Akrotiri, située au sud de Chypre, a été la cible d'un drone iranien, causant des dégâts minimes. Cet événement a ravivé les craintes suite à l'initiative des États-Unis et d'Israël de mener une action militaire contre l'Iran, qui s'est intensifiée le 28 février.
A Nicosie, les leaders ont exprimé leur souhait de désamorcer les tensions au Moyen-Orient en organisant un déjeuner de travail avec leurs homologues du Liban, de l'Égypte, de la Syrie et de Jordanie. Chypre, avec sa position géographique stratégique en Méditerranée orientale, est à proximité des côtes libanaises. Emmanuel Macron a souligné que « l’Europe doit s’engager encore davantage » pour ramener la stabilité dans la région, ajoutant que « nous avons tous intérêt à ce que cela se produise le plus rapidement possible » avant de se rendre en Grèce pour discuter de partenariats de défense.
Des discussions sur la clause d’assistance mutuelle
Ce renforcement des liens entre l’Europe et le Moyen-Orient est un des objectifs de la présidence tournante de Chypre au Conseil de l'UE jusqu'en juin. Nikos Christodoulides, le président chypriote, a plaidé pour une coopérations accrue, affirmant que l'Europe doit faire « beaucoup plus » en particulier dans la perspective d'un « accord stratégique et global avec le Liban ».
Les discussions ont également couvert la clause de défense mutuelle prévue par le traité de Lisbonne, stipulant que si un État membre est soumis à une agression armée, les autres pays de l'UE sont tenus de lui apporter soutien et assistance. Nikos Christodoulides a annoncé que la Commission européenne présentera prochainement un projet sur la façon de répondre à une telle situation.
Les enjeux économiques soulevés par la guerre ont également été au cœur des discussions, avec un appel à réduire certaines dépenses dans le futur budget européen, comme l'ont suggéré les dirigeants d'Allemagne et des Pays-Bas. Les États membres doivent adopter d'ici juin des propositions pour le budget commun de 2028 à 2034, en vue de négociations serrées avec le Parlement.







