En janvier 2026, un buraliste de 40 ans basé à Bordeaux a été interpellé par les autorités sur des soupçons de blanchiment d'argent lié à un trafic de stupéfiants. Mis en examen, il est désormais accusé de participation à une association de malfaiteurs, selon un communiqué du procureur de la République, Renaud Gaudeul, rendu public le 24 avril.
Cette affaire a trouvé son origine dans un signalement de Tracfin, l'organisme chargé du renseignement financier Français. Des enquêtes ont révélé l'existence d'un réseau d'individus impliqués dans la vente de drogues, lavant les produits de leurs activités criminelles par le biais d'un système de rachat de tickets gagnants de la Française des Jeux (FDJ).
Plusieurs milliers d'euros en jeu
Les suspects se servaient de l'argent provenant de la vente de stupéfiants pour acquérir des tickets gagnants, tout en s'assurant qu'ils n'étaient pas les véritables détenteurs des mises initiales. Ce mécanisme leur permettait d'encaisser des gains et de les réinjecter dans le circuit financier légal.
Ce stratagème, mis en place sur une vaste échelle, a impliqué la complicité de gérants de points de vente FDJ ou PMU. Ces derniers acceptaient d'encaisser des tickets gagnants, et certains mettaient en place des systèmes pour collecter ces tickets auprès de leurs clients, en échange d'une commission sur les gains.
Le buraliste, détaillant de la FDJ, est suspecté d'avoir appliqué deux modalités de blanchiment entre 2019 et 2024. Il a encaissé jusqu'à 72 tickets gagnants de paris sportifs en une seule opération, bien que ces mises aient été réalisées dans d'autres établissements.
Il a également recueilli des tickets gagnants auprès de sa clientèle, avant de les revendre aux trafiquants de stupéfiants. Les transactions auraient atteint des sommes de plusieurs milliers d'euros, soulevant ainsi des questions sur l'implication de divers acteurs dans ce système illégal.







