Le célèbre grand magasin de luxe londonien, Harrods, a déjà versé des indemnisations à plus de 75 victimes victimes d'abus sexuels, infligés par son ancien propriétaire, le défunt homme d'affaires égyptien Mohamed Al-Fayed. Parmi les nombreuses victimes, environ 200 autres demandes figurent actuellement dans les dossiers en cours d'examen.
« À ce jour, plus de 75 survivantes ont reçu une indemnisation complète dans le cadre d'une procédure mise en place par Harrods en mars 2025 », a déclaré le magasin dans un communiqué transmis à l'AFP.
Ces demandes s'inscrivent dans le cadre d'un dispositif d'indemnisation ouvert jusqu'au 31 mars, qui a attiré 259 candidatures. Les autres dossiers demeurent encore en attente d'évaluation.
De plus, la police britannique a récemment lancé une enquête visant un policier et quatre anciens agents, accusés de ne pas avoir pris au sérieux les signalements d'agressions sexuelles contre Mohamed Al-Fayed, émis durant sa vie.
Suite à un documentaire diffusé par la BBC en septembre 2024, la police de Londres a révélé avoir reçu 21 témoignages de femmes se plaignant du milliardaire égyptien, qui est décédé à 94 ans en 2023. Pourtant, aucune poursuite n'a été engagée contre lui.
Les accusations d'abus sexuels et de traite d'êtres humains visant Al-Fayed, également propriétaire du Fulham FC, ont pris de l'ampleur après la diffusion du documentaire. Les victimes pouvant bénéficier d'une indemnisation de jusqu'à 400,000 livres (462,000 euros) se sont vues proposer des montants modulés selon la gravité des préjudices subis, y compris 10,000 livres pour des examens gynécologiques intrusifs.
Pour obtenir l'indemnisation, il est nécessaire de démontrer un « lien suffisant » avec Harrods, que ce soit au Royaume-Uni ou à l'international, ainsi que de se soumettre à une évaluation psychologique.
Harrods a présenté ses « excuses sans réserve » face aux violences sexuelles que Fayed a perpétrées, précisant qu'il a abusé de son pouvoir dans toutes ses entreprises.
Dans le même temps, l’IOPC, organisme de supervision de la police britannique, a annoncé avoir ouvert une enquête sur cinq personnes, dont un agent de la Metropolitan Police et quatre anciens collègues, pour des soupçons de faute professionnelle dans la réponse aux plaintes des victimes.
La Met a même interrogé des témoins dans le cadre de cette affaire, mais aucune arrestation n’a encore eu lieu. Un total de 154 victimes s'est manifesté depuis la diffusion du documentaire, signalant des abus similaires.
Justine, ancienne employée chez Harrods et membre du collectif de victimes « No One Above » (NOA), a partagé à l'AFP son mécontentement quant au traitement de son dossier, qu’elle considère n’avoir pas été traité avec le sérieux nécessaire lors de sa prise de contact avec la police en 2018.
Bien qu'elle trouve bienvenue l'enquête de l'IOPC, elle critique le manque d'une véritable investigation sur la traite des êtres humains mise en place par les Al-Fayed.
De son côté, la justice française mène également une enquête sur un système supposé de traite de femmes orchestré par Al-Fayed, ancien propriétaire du Ritz.
Rachael Louw, ancienne vendeuse chez Harrods, a déclaré avoir été reconnue comme victime d'esclavage moderne par les autorités britanniques en avril dernier, renforçant ainsi la légitimité de son témoignage.







