Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6, ce dimanche 31 mai, Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique, a plaidé pour une école publique mieux protégée, avec des enseignants de mieux en mieux rémunérés et une plus grande mixité sociale.
Glucksmann met en lumière le réseau social TikTok, qu'il considère comme un défi majeur pour l'éducation. Il a déclaré: "Aujourd'hui, il existe l'école, et face à elle, TikTok". Selon lui, ces plateformes concurrencent l'autorité des enseignants et diffusent des contenus qui semencent le doute dans l'esprit des élèves. "Quand un élève vous contredit en disant qu'il a lu quelque chose de différent sur TikTok, cela remet directement en question votre autorité", a-t-il ajouté.
S'il ne réclame pas une interdiction immédiate de TikTok, Glucksmann impose une exigence claire : "Je souhaite que TikTok, comme toute autre plateforme, respecte nos lois. Si cela n'est pas le cas, il sera nécessaire de le bannir". Cette ferme position reflète une inquiétude grandissante quant à l'influence des réseaux sociaux sur les jeunes générations, en particulier dans le cadre scolaire.
Revaloriser le métier de l'enseignant
Dans son dernier ouvrage, "Nous avons encore envie - Pour un sursaut patriotique" (Allary Éditions), Glucksmann aborde également la nécessité de revaloriser le métier d'enseignant et d'adapter l'éducation en fonction des enjeux contemporains. Il souligne que les enseignants des écoles primaires en France sont souvent mal rémunérés, touchant 17% de moins que la moyenne des pays de l'OCDE.
Il a donc insisté : "Nous avons des enseignants moins bien payés que ceux de pays moins riches comme le Portugal ou la Slovénie. Ce n'est pas acceptable". Pour lui, les débats actuels se concentrent trop souvent sur des thèmes superficiels, comme l'uniforme ou le brevet, au lieu de s'attaquer aux véritables enjeux.
La mixité sociale à l'école
Glucksmann plaide également pour une plus grande mixité sociale dans l'éducation, dénonçant la "concurrence déloyale" qu'il perçoit entre le secteur public et privé. Il explique que 43% des collégiens du secteur public proviennent de milieux défavorisés, contre seulement 18% dans le privé. Cette réalité souligne l'importance d'une réflexion globale sur l'équité dans l'éducation.
En conclusion, Glucksmann appelle à faire de l'école publique une priorité nationale, déclarant : "Nous devons protéger l'école, revaloriser les enseignants et garantir que l'école publique demeure le pilier de la République". Ses propos résonnent comme un appel à une prise de conscience collective autour de l'avenir de l'éducation en France.







