Dans un tournant significatif de son offensive au Liban, l'armée israélienne a hissé son drapeau sur la forteresse médiévale de Beaufort, située au nord-est de Tyr. Cette avancée, discutée par des experts comme le politologue Jean-Pierre Filiu, souligne l'importance historique et stratégique du site, utilisé par les forces israéliennes durant leur occupation de 1982 à 2000.
Cette prise de contrôle a été annoncée dimanche par l'armée israélienne, avec des images relayées par l'AFP montrant le drapeau israélien flottant au sommet de la forteresse. L'armée prétend mener une opération décidée à écraser le Hezbollah, considéré comme une organisation pro-iranienne. "Cette action s'inscrit dans une volonté plus large de rétablir la sécurité dans le nord d'Israël", explique le ministre de la Défense, Israël Katz.
La réaction libanaise a été rapide. Le Premier ministre Nawaf Salam a critiqué la stratégie d'Israël, qualifiant ses actions de politique de la terre brûlée. En réponse, les autorités israéliennes ont ordonné l'évacuation des populations dans une vaste zone entre la frontière et le fleuve Zahrani. Plus de 3 371 personnes ont déjà perdu la vie dans le conflit depuis le début des hostilités, tandis que plus d’un million ont été déplacées, selon les chiffres libanais.
Le ministre de la Culture, Ghassan Salameh, a exprimé ses préoccupations concernant la forteresse, qui avait été classée patrimoine mondial par l'UNESCO en 2024, évoquant un "danger sérieux" en raison des attaques israéliennes en cours.
Par ailleurs, le Hezbollah a intensifié ses efforts pour repousser les forces israéliennes, en menant des tirs de roquettes contre le nord d'Israël. Alors même que des pourparlers de paix sont prévus les 2 et 3 juin à Washington, il reste à voir si ces avancées militaires auront des répercussions sur les négociations diplomatiques en cours entre les deux nations, qui ne maintiennent pas de relations officielles.







