Mercredi soir, une vague de manifestations a secoué Belfast, où la police a eu recours à des canons à eau pour disperser les foules. Pour la deuxième nuit consécutive, la capitale de l'Irlande du Nord est devenue le théâtre de violences localisées, déclenchées par une attaque au couteau. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre l’assaillant, un Soudanais, s’acharnant sur un homme à terre, ensanglanté.
Des manifestants se sont rassemblés à divers endroits de Belfast, certains pacifiquement, tandis que d'autres ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre. Le centre de la ville a été épargné des violences, contrairement à la nuit précédente où des émeutes anti-immigrés avaient eu lieu. La victime de l’agression, hospitalisée dans un état stable, a malheureusement perdu un œil, comme l’a rapporté sa famille.
Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié ces émeutes de « choquantes ». Ces événements ont été exacerbés par des figures d’extrême droite, dont le militant Tommy Robinson et le milliardaire Elon Musk, qui ont relayé des appels à manifester. Ils ont également été accompagnés de graffitis islamophobes visibles sur les murs du quartier où un bus avait été incendié.
Le rôle des réseaux sociaux
Les autorités pointent du doigt l'influence des réseaux sociaux, accusant certains utilisateurs d'attiser la colère en ligne. Le régulateur des médias Ofcom a rappelé aux plateformes leurs obligations légales. La police a averti que diffuser en ligne les adresses de ressortissants étrangers pourrait constituer une infraction pénale.
Le suspect de l’attaque, Hadi Alodid, âgé de 30 ans, a été présenté devant un juge et est inculpé de tentative de meurtre sans avocat. Bien que ses motivations soient floues, la police rejette pour l'instant l’hypothèse d’un acte terroriste. Arrivé en Irlande du Nord dans une démarche de demande d'asile, il possédait un titre de séjour valide jusqu'en 2028.
Violences à Glasgow également
Les troubles ne se limitent pas à Belfast. À Glasgow, trois hommes ont été arrêtés après des violences motivées par des actes de racisme. Des fidèles ont été contraints de s'abriter dans une mosquée par précaution, selon les autorités. Cet équilibre fragile entre sécurité et liberté d'expression soulève de nombreuses questions sur les politiques migratoires au Royaume-Uni, qui continuent à faire débat.







