Le gouvernement américain a demandé à la startup Anthropic de restreindre l'accès à ses dernières avancées en intelligence artificielle (IA) exclusivement aux citoyens des États-Unis. Face à cette directive, l'entreprise a décidé de couper l'accès à ses modèles Mythos 5 et Fable 5, éliminant ainsi toute utilisation à l'international. Cette décision soulève des inquiétudes quant à l'avenir de la compétition dans le secteur de l'IA, notamment en Europe.
Le 12 juin, Anthropic a annoncé qu'elle se conformait aux exigences américaines. La directive, émise sous prétexte de sécurité nationale, stipule l'interdiction d'accès à ces technologies pour tout utilisateur extérieur aux États-Unis, incluant même ses propres employés non américains.
Dans un communiqué, l'entreprise a déclaré que "le gouvernement américain a émis une directive de contrôle des exportations, justifiant l'interdiction par des considérations de sécurité".
Aucune déclaration officielle n'a été faite par Washington concernant ce blocage. Selon Axios, la décision proviendrait du secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, après une analyse de ces IA commandée par la Maison Blanche. Le Wall Street Journal a rapporté que la décision a été influencée par des préoccupations spécifiques après qu'Amazon ait contourné les protections des modèles d'Anthropic.
Ces informations suggèrent que les IA pourraient être exploitables dans des cyberattaques.
Anthropic a exprimé ses doutes quant à la justification de cette mesure, affirmant qu'"aucune précision n’a été fournie concernant les menaces à la sécurité" et que d'autres systèmes d'IA présents sur le marché sont tout aussi capables d'être détournés. L'entreprise a souligné que les failles de sécurité sont un problème généralisé et non limité à ses produits.
Des experts, comme Anastasia Stasenko, cofondatrice de la startup française Pleias, avancent que cette décision vise à « préserver une longueur d’avance stratégique sur des pays concurrents, notamment la Chine », qui pourrait tirer parti de technologies avancées pour développer ses propres applications d’IA. Stasenko souligne "le timing est clé, c’est un actif stratégique qui doit être protégé", faisant référence au besoin urgent des États-Unis de garder leur avance technologique.
Alors que l'IA continue de façonner le paysage technologique, les implications de cette décision pourraient avoir un impact significatif sur la compétitivité mondiale et les collaborations internationales dans ce domaine. Le futur de l'IA pourrait dépendre des choix politiques à venir, tant aux États-Unis qu'en Europe.







