La police indonésienne a procédé ce week-end à l'arrestation de plusieurs dizaines de manifestants lors d'un rassemblement à Surabaya, la deuxième plus grande ville d'Indonésie. Ce rassemblement visait à dénoncer la politique du président Prabowo Subianto, en particulier la récente augmentation des prix des carburants non subventionnés.
Vendredi, près d'une centaine de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment gouvernemental, manifestant contre la flambée des prix à la pompe et revendiquant l'arrêt du programme de repas gratuits mis en place par le président. Selon l'AFP, des images ont montré des manifestants en colère lançant des pierres aux forces de l'ordre et incendiant des déchets au milieu de la route, ce qui a conduit à des interventions policières musclées.
Fatkul Khoir, coordinateur de l'ONG KontraS, a indiqué à l'AFP que vingt-quatre manifestants, dont une femme, avaient été interpellés suite aux affrontements. « Les interrogatoires ont pris fin vers 03h30 du matin, et personne n'a encore été inculpé », a-t-il précisé.
Le chef de la police de Surabaya, Luthfie Sulistiawan, a confirmé que les forces de l'ordre avaient dû employer des « mesures fermes » en réponse aux actions violentes de certains manifestants, bien qu'il n'ait pas fourni un chiffre exact sur le nombre total d'arrestations.
Les critiques à l'encontre de l'équipe dirigeante de Prabowo Subianto se font de plus en plus pressantes, en particulier à la suite d'une hausse d'environ 30% des prix de l'essence non subventionnée, qui a provoqué une série de manifestations à travers le pays. Au début de ce mois, des milliers d'étudiants avaient déjà exprimé leur mécontentement à Jakarta, demandant la fin du programme de repas scolaires gratuits, largement critiqué pour son coût élevé et les cas d'intoxications alimentaires qu'il a engendrés.
Ce programme, dont le coût se chiffre en milliards de dollars, a été suspendu pendant les vacances scolaires, comme l'a annoncé Agustina Arumsari, porte-parole de l'Agence nationale de la nutrition, en précisant que cette suspension continuerait pendant les futurs week-ends et vacances.
L'Indonésie a déjà été marquée par d'importantes manifestations en août et septembre 2025, les plus sévères depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto à la fin de 2024. Ces troubles avaient entraîné la mort d'au moins dix personnes et provoqué des milliers d'arrestations, bien que la majorité des interpellés aient depuis été relâchés.







