La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a récemment appelé à des relations plus " équilibrées et respectueuses " avec les États-Unis, affirmant son désir d'indépendance face aux ingérences extérieures. Cette déclaration survient alors que Donald Trump a annoncé que les États-Unis " étaient aux commandes " à Caracas, intensifiant les tensions entre les deux nations.
Lors d'une conférence de presse, Trump a menacé Rodríguez de conséquences sévères si elle ne suivait pas la voie imposée par Washington, rendant la situation encore plus délicate pour la dirigeante vénézuélienne. " Les États-Unis sont en position de force ici, et elle doit en prendre note ", a-t-il déclaré, rajoutant que les États-Unis se portaient garants de la gouvernance au Venezuela, un commentaire qui a certes été perçu comme une tentative d'affirmer le contrôle américain.
Pour sa part, Rodríguez a réagi à ces provocations en cherchant à établir un dialogue respectueux avec le gouvernement américain, mettant en avant la nécessité d'une coordination mutuelle pour une coexistence pacifique. " Nous privilégions des relations internationales fondées sur l'égalité et la non-ingérence ", a-t-elle déclaré sur Telegram.
Création d'une commission pour la libération de Maduro
Dans un geste symbolique pour renforcer sa légitimité, Rodríguez a également annoncé la formation d’une commission visant à obtenir la libération de Nicolás Maduro, l’ancien président actuellement emprisonné aux États-Unis. Ce dernier fait face à des accusations de trafic de drogue et de terrorisme. Le ministre de l’Information, Freddy Ñáñez, a détaillé que la commission serait présidée par Jorge Rodríguez, le chef de l’Assemblée nationale, et inclurait plusieurs membres influents du régime.
Des manifestations pro-Maduro à Caracas
Dans les rues de Caracas, environ 2 000 partisans de Maduro ont manifesté, clamant des slogans tels que " Libérez notre président ! ". Ces rassemblements témoignent du soutien indéfectible dont bénéficie encore l’ancien dirigeant et mettent en lumière les fractures au sein de la société vénézuélienne. Les manifestations ont pourtant été marquées par des tensions, certains participants exhibant des armes, selon des témoignages recueillis par des médias locaux.
Les analystes politiques s’interrogent sur l’impact des événements en cours sur la stabilité du pays. Le politologue Francisco Rodríguez a déclaré à l’AFP : " Ce qui se joue ici est plus qu’une simple lutte pour le pouvoir. C’est une bataille pour l’esprit même du Venezuela, entre ceux qui souhaitent un rapprochement avec Washington et ceux qui poussent vers une autonomie totale. "
La situation au Venezuela, complexe et volatile, continue d'attirer l’attention des observateurs internationaux, notamment en vue de la réunion d’urgence prévue au Conseil de sécurité de l’ONU, où la question de l'intervention américaine sera largement débattue.







