À l'approche des élections municipales de mars 2026, la sécurité publique s'impose comme une préoccupation majeure des électeurs français. D'après un récent sondage Odoxa, 50 % des répondants considèrent la sécurité comme une priorité essentielle pour le futur maire. Ce chiffre monte à 60 % chez les citoyens âgés de 65 ans et plus.
Les maires se retrouvent donc à la croisée des chemins. Bien que la sécurité relève principalement de l'État, avec la police nationale en première ligne, les élus locaux doivent désormais rendre des comptes vis-à-vis de leurs administrés en matière de gestion de la sécurité. David Lisnard, président de l'Association des maires de France, a souligné que les citoyens transposent leur attente sécuritaire vers les maires, malgré le fait que cette responsabilité incombe généralement à l'État.
Des défis croissants pour les maires
Les maires font face à une montée inquiétante de la criminalité, y compris des agressions et des cambriolages qui touchent de plus en plus les villes de taille moyenne et les zones rurales. Ils doivent également composer avec des problématiques liées aux incivilités nocturnes. Pour pallier ce défi, le gouvernement a proposé un projet de loi visant à accroître les pouvoirs des policiers municipaux, dont le nombre a augmenté de 19 000 en 2012 à 28 000 en 2023.
Cette réforme pourrait permettre à ces agents d'intervenir plus efficacement sur des questions telles que la gestion des squats ou le contrôle de l'usage de stupéfiants. Cependant, il est crucial de souligner qu'il ne s'agit pas de transformer les policiers municipaux en enquêteurs, mais plutôt de renforcer leurs capacités d'intervention, comme l'a précisé un représentant du ministère de l'Intérieur.
La perception de la sécurité et l'éclairage public
En dehors de leurs interactions avec la police, les maires disposent de peu de leviers pour augmenter la sécurité dans leurs municipalités. L'implantation de caméras de vidéosurveillance et la régulation de l'éclairage public représentent les actions les plus concrètes à leur disposition. Après avoir économisé sur l'éclairage public en 2022, de nombreuses municipalités choisissent désormais de rallumer les lampadaires, à la demande de citoyens inquiets. Selon des études en cours, même si aucune corrélation directe entre éclairage et taux de délinquance n'est établie, le sentiment de sécurité demeure un élément fondamental pour les Français. Ce constat illustre bien la nécessité pour les maires de répondre à cette préoccupation pour garantir leur réélection.
Les élections de 2026 s'annoncent donc sous le signe d'un enjeu crucial : comment les maires vont-ils aborder et gérer les attentes sécuritaires de leurs concitoyens, tout en tenant compte des contraintes qui pèsent sur leurs pouvoirs ?







