Soissons (France) – Que peut-on entendre en seulement 135 secondes ? L'oncle d'Elisa Pilarski a supplié mercredi son compagnon, Christophe Ellul, de se remémorer leur dernière conversation téléphonique. « L'appel a duré 2 minutes 15, tu pouvais entendre des chiens aboyer… », a déclaré Vincent Labastarde depuis le banc des parties civiles. Elisa, 29 ans et enceinte de six mois en novembre 2019, avait été tuée par d'éventuelles morsures canines, son corps présentant 56 blessures.
Christophe Ellul, jugé pour homicide involontaire, se trouve en première ligne des interrogatoires. Il est soupçonné d'être lié à cette tragédie, car Curtis, son chien, est instamment suspecté d'être l'agresseur. Malgré cela, Ellul persiste à douter de cette vérité, affirmant avoir reçu un appel d'Elisa où elle annonçait : « Je me fais mordre par des chiens au bras et à la jambe ». Peu après cette communication, elle décédait, l'autopsie fixant le décès à 13H30.
Dans cette affaire complexe, Vincent Labastarde exprime sa frustration. « On est face à un mur », a-t-il confié à la presse. Il estime qu'Ellul se trouve dans un déni total et que le procès, centré presque exclusivement autour de Curtis, dilue la mémoire d'Elisa. Il s'interroge : « Il ne se souvient même plus s'il entendait des chiens aboyer ou Elias crier. Pour ma part, cela m'obsèderait », souligne-t-il, ému.
Des doutes émergent
Ellul s'acharne à défendre sa position, soutenant que la mention de chiens au pluriel évoque une possible implication d'une meute de chiens de chasse. Cependant, les analyses ADN, selon des sources judiciaires, électroniques et des rapports d'analyses vétérinaires, établissent clairement que seul Curtis était responsable, écartant toute participation d'autres animaux présents dans la forêt pendant la chasse.
De plus, il est établi que Curtis est une race de chien particulièrement controversée, son acquisition étant interdite en France. Ellul a admis avoir utilisé des méthodes d'entrainement interdites par la loi. « Si Curtis est coupable, mettez-le à mort », affirment certains, sans masquer leur beau souci pour la victime.
Ce procès ne se résume pas qu'à la culpabilité d'Ellul. Son avocat, Me Alexandre Novion, a exprimé que son client est constamment sous pression : « C'est un homme sur la sellette, forcé de répondre à tout », a-t-il déclaré. Ce dernier a aussi noté la détresse émotionnelle de son client face aux révélations du procès. Après la lecture de l'autopsie, Ellul s'est effondré, laissant échapper des larmes, un moment poignant qui souligne l'énormité des événements tragiques survenus ce jour-là.
Alors que la cour continue d'entendre les témoignages et les faits, la famille d'Elisa Pilarski espère que la vérité finira par émerger, même si le chemin semble encore long et semé d'embûches.







