Vincent Lemire, historien français spécialisé dans le conflit israélo-palestinien, a récemment été autorisé par les autorités israéliennes à entrer dans le pays après avoir fait face à une interdiction mystérieuse. Sa levée de restriction s'est effectuée le 12 janvier, après qu'il ait publiquement critiqué les actions israéliennes à Gaza et la situation humanitaire désastreuse des populations locales.
Professeur à l’université Paris-Est Gustave-Eiffel et directeur du Centre de recherche français à Jérusalem de 2019 à août 2023, Lemire avait prévu de se rendre à Tel-Aviv pour participer à divers séminaires et échanges universitaires. En dépit de ses prises de position explicites sur le conflit, il souligne n’avoir jamais envisagé de boycotter Israël, affirmant avoir entretenu des relations actives avec des universitaires israéliens pendant plus de vingt ans.
Le 7 janvier, il avait reçu un courriel de l'Autorité de l'état civil et de l'immigration l'informant de son interdiction d'entrée en Israël. Ce courriel stipulait que son autorisation préalable avait été révoquée sur la base d'un « changement de circonstances ». Lemire a exprimé sa surprise face à cette décision, notant qu’aucune justification ne lui avait été fournie. Dans ses mots, il a déclaré : « Une notification aussi tardive avant un vol international semble délibérée ».
Suite à un appel à l'aide, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a exprimé son soutien à l’historien. En quelques heures, les autorités israéliennes ont réexaminé le dossier et ont annulé l'interdiction. Lemire a annoncé avec soulagement : « À la suite d’un réexamen, les restrictions sont levées. Je pars demain matin ».
Il est prévu qu'il participe à une vingtaine de rencontres, y compris avec des chercheurs et étudiants israéliens et palestiniens, renforçant son engagement envers la liberté académique dans l'une des régions les plus sensibles du monde. Dans une tribune coécrite avec l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, publiée en août dans le Le Monde, Lemire avait appelé le président français Emmanuel Macron à prendre des sanctions contre Israël en raison de la situation à Gaza. « Si des sanctions immédiates ne sont pas imposées à Israël, nous risquons de voir un véritable cimetière », disaient-ils.
Selon diverses analyses, cette évolution pourrait être interprétée comme un signe d'une ouverture de dialogue, malgré les tensions persistantes. Des experts soutiennent que l’autorisation de Lemire pourrait favoriser un climat de discussion et d’échanges critiques sur le terrain, indispensable pour comprendre les dynamiques du conflit en cours.







