La situation au sein de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) suscite de vives inquiétudes. Créée en 2003 en réponse aux attaques du 11 septembre, cette agence a vu ses prérogatives se renforcer sous l'administration Trump. En 2025, près de 69 000 immigrants étaient détenus, marquant un record de décès en détention.
La mort tragique de Renée Good, abattue lors d'une opération à Minneapolis, met en lumière une violence alarmante et des abus systématiques. Selon des experts en sécurité, comme James Nolan, ancien policier du FBI, ces incidents illustrent une application brutale des lois d'immigration qui s'apparentent à une stratégie politique effrayante visant à désigner un « ennemi intérieur ». En effet, Nolan note que cette rhétorique rappelle les anciennes politiques de stigmatisation, similaires aux campagnes contre la drogue des années 70.
Des voix s'élèvent pour dénoncer une militarisation inquiétante des forces de l'ordre aux États-Unis. Cécile Coquet-Mokoko, professeure de civilisation américaine, alerte sur le manque de contrôle indépendant de l'ICE. Contrairement aux forces de police régionales, cette agence ne répond à aucun organisme fédéral dédié à la surveillance, ce qui constitue une source de préoccupation majeure.
Une récente enquête de Slate a révélé des allégations de recrutement accéléré d'agents insuffisamment vérifiés, posant de sérieuses questions sur les standards d'intégrité au sein de l'agence. Dès lors, certains experts n'hésitent pas à établir des comparaisons avec les polices politiques des régimes autoritaires, affirmant que l'ICE pourrait évoluer vers une force qui opère hors de tout cadre légal.
Le vice-président américain, J.D. Vance, a d'ailleurs affirmé que l'agent impliqué dans la mort de Good bénéficiait d'une "immunité absolue", illustrant ainsi l'impunité au sein de l'agence. La crainte d'un usage abusif de la force et d'arrestations motivées par des préférences raciales soulève de sérieuses questions quant à l'impartialité et la responsabilité des forces de l'ordre fédérales.
Face à cette dérive, de nombreuses voix s'élèvent pour demander des réformes. Les critiques, tant académiques que citoyennes, appellent à un encadrement juridique strict pour l'ICE afin de garantir que le respect des droits humains soit au cœur de son action. Dans un climat de peur et d'incertitude, la nécessité d'une vigilance citoyenne et institutionnelle devient plus pressante que jamais.







