Rached Ghannouchi condamné à vingt ans de prison pour complot contre la sécurité de l'État

Rached Ghannouchi, militant embourbé dans des affaires judiciaires, voit sa peine alourdie.
Rached Ghannouchi condamné à vingt ans de prison pour complot contre la sécurité de l'État
Rached Ghannouchi, à Tunis, le 15 juillet 2022. ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS

La cour d'appel tunisienne a décidé d'alourdir la peine de Rached Ghannouchi, leader du mouvement islamiste Ennahda, en lui infligeant une nouvelle peine de vingt ans de réclusion pour son implication dans l'affaire dite du "complot 2" contre le président tunisien. Cette décision fait suite à une condamnation antérieure de quatorze ans, portant à plus de quarante ans la durée totale de son emprisonnement.

Selon Me Samir Dilou, l'un des avocats de M. Ghannouchi, ce verdict a été annoncé mardi 3 février. "La cour a décidé de faire passer la peine à vingt ans pour complot contre la sécurité intérieure de l'État", a-t-il révélé à l'Agence France-Presse (AFP).

Âgé de 84 ans, Ghannouchi est incarcéré depuis 2023. Son comité de défense affirme qu'il a choisi de ne pas se pourvoir en cassation, étant convaincu de "l'absence totale de garanties d'un procès équitable" et face à ce qu'ils qualifient de "dossiers politiques fabriqués de toutes pièces".

Dans le cadre de cette affaire, environ vingt personnes, y compris l'ancienne cheffe de cabinet de Kaïs Saïed, Nadia Akacha, et l'ancien Premier ministre Youssef Chahed, actuellement en fuite, sont également jugées pour des accusations similaires.

Régression des droits et libertés en Tunisie

Dans cette affaire, Rached Ghannouchi et d'autres leaders d'Ennahda, dont son gendre Rafik Abdessalem, sont accusés d'avoir établi un "appareil sécuritaire secret" au service du parti. Kamel Bedoui, un militaire à la retraite, a vu sa peine, initialement fixée à quatorze ans, également portée à vingt ans.

Les condamnations sont tombées dans un contexte où la vie politique tunisienne a été placée sous haute tension après que le président Kaïs Saïed a pris le pouvoir en juillet 2021, consolidant son autorité et réduisant celle du Parlement. Ennahda, qui avait joué un rôle prépondérant après la révolution de 2011, s'est depuis retrouvé en situation de vulnérabilité politique.

Les défenseurs des droits de l'homme, tant en Tunisie qu'à l'international, pointent une régression alarmante des libertés fondamentales dans le pays, avec un nombre croissant de poursuites et de condamnations visant les opposants politiques, les avocats et les journalistes.

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