Lyon (AFP) – La cour d'assises du Rhône a requis jeudi une peine de 20 ans de prison à l'encontre de Rachid Kheniche, reconnu coupable du meurtre de son voisin, un octogénaire juif âgé de 89 ans, qu'il a défenestré en 2022. Cependant, l'avocate générale, Amélie Cladière, a décidé de ne pas retenir le mobile antisémite dans son évaluation du dossier.
La question de la circonstance aggravante liée à la religion de la victime demeure complexe, a expliqué la magistrate. "Pour ma part, je ne considère pas que ce meurtre ait été commis en raison de la religion de la victime," a-t-elle affirmé aux jurés.
Rachid Kheniche, âgé de 55 ans, a admit avoir tué son ami, mais conteste tout acte lié à l'antisémitisme. Selon le rapport des experts psychiatriques, son discernement était altéré au moment des faits, ce qui a joué un rôle dans la détermination d'une peine maximale de 20 ans.
L'avocate générale a qualifié cet acte de "meurtre épouvantable" et a demandé le maximum de peine possible, tout en soulignant la nécessité d'un suivi socio-judiciaire de dix ans, en raison de l'âge et de la dangerosité de l'accusé.
Le réquisitoire de Cladière a mis en lumière le cadre législatif concernant la reconnaissance des crimes antisémite. Il est stipulé que le meurtre doit être "précédé, accompagné ou suivi d'actes ou de propos antisémites". Dans ce contexte, elle a écarté des déclarations antérieures de Kheniche sur les réseaux sociaux, en notant qu'elles n'intégraient pas le moment du crime.
En effet, juste après avoir poussé M. Hadjadj dans le vide, Kheniche a récupéré des objets tels qu'un texte hébraïque sur la victime. La représentante de la justice a souligné que si l'accusé avait également jeté des objets juifs présents dans son appartement, cela aurait pu servir d'élément à l'appui d'une motivation antisémite, mais ce ne fut pas le cas.
"Mon rôle est de vous présenter la situation, vous êtes les décideurs", a-t-elle conclu en s'adressant aux jurés. Ce meurtre soulève des questions importantes sur le traitement juridique des crimes motivés par la haine et l'évolution des perceptions sociales envers l'antisémitisme en France.
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