À une semaine du premier tour des élections municipales, une vive controverse éclate à Marseille. Tina Biard-Sansonetti, colistière de Benoît Payan, est au cœur d'un scandale lié à un projet de campagne devant plusieurs mosquées des quartiers nord de la ville.
Tout a commencé avec un message publié par erreur sur Marsactu, qui a exposé les détails d’une réunion de campagne. Dans ce message, que Le Figaro a pu consulter, il est mentionné des actions de tractage à la sortie des mosquées après la prière de Talaouir, en plein Ramadan. Les noms de responsables de mosquées marseillaises y sont également cités, ce qui a suscité une indignation à l'égard de la démarche.
Les critiques ont afflué. Marion Bareille, candidate de la liste de Martine Vassal, a exprimé son mécontentement : « Le clientélisme électoral n’a visiblement plus de limites à Marseille. Faire campagne devant les mosquées pendant le Ramadan est inacceptable. La laïcité doit primer. » L'article 26 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État interdit effectivement de tenir des réunions politiques dans les lieux de culte.
Le candidat de La France Insoumise, Sébastien Delogu, a également dénoncé ce qu'il appelle du clientélisme : « Comment peut-on soutenir des associations pour ensuite demander aux responsables d'appeler à voter pour sa liste ? Ces pratiques doivent disparaître. » De son côté, le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, a jugé « choquant » d'utiliser les mosquées comme plateforme de campagne.
Face à ces accusations, Tina Biard-Sansonetti s'est defendue, déclarant : « Nous faisons campagne dans l’espace public, où il y a de l’affluence. Nous ne sommes pas là pour faire de la politique dans les lieux de culte. » Elle a également précisé que les responsables des mosquées avaient été informés qu'ils ne pouvaient pas appeler au vote dans ces lieux.
La mosquée des Bleuets, visée par la polémique, a publié un communiqué pour clarifier sa position : « Nous ne soutenons aucune campagne électorale. » En outre, cet établissement a été au centre d'une autre controverse l'année dernière, lorsque la préfecture avait ordonné sa fermeture temporaire en raison des positions jugées radicales de son imam, une décision suspendue par la justice.
Dans un contexte électoral déjà tendu, cette affaire soulève d'importantes questions sur l’éthique en campagne. Les réactions des citoyens marseillais et des experts restent à suivre, alors que les élections approchent.







