Depuis vendredi, un mouvement de grève de la faim a été initié à la prison de Rodeo I, située en périphérie de Caracas. Les prisonniers protestent ainsi contre les limites de la récente loi d'amnistie, jugée insuffisante par de nombreux détenus. Selon des informations relayées par l’AFP, plus de 200 prisonniers politiques, à la fois Vénézuéliens et étrangers, ont décidé de participer à ce mouvement.
Yalitza García, belle-mère d'un gendarme argentin accusé de terrorisme, a déclaré à l’AFP : "Environ 214 au total, participe à ce mouvement en raison des résultats décevants de la loi d'amnistie, qui ne profite qu'à une minorité d'entre eux." Shakira Ibarreto, fille d'un policier arrêté en 2024, a également souligné que cette initiative découle de la frustration face à cette loi qui laisse de nombreux détenus dans l'ombre.
Les familles des détenus s'expriment également sur cette situation désastreuse. Elles expliquent que la portée de cette loi d'amnistie, adoptée récemment, s'avère trop restrictive et n'inclut pas beaucoup de prisonniers allant de l'opposition politique aux militaires, indiquant des inquiétudes sur l'application de cette mesure.
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a pu visiter la prison récemment, ce qui constitue un premier pas significatif. Filippo Gatti, coordinateur santé du CICR pour le Venezuela, a précisé : "C'est un début et j'espère que cela ouvrira la voie à un meilleur accès aux détenus dans le futur."
Des libérations marquées par des doutes
Le système judiciaire vénézuélien a récemment accordé la libération de 402 prisonniers politiques, dont 80 ont été remis en liberté samedi dernier. Cependant, des doutes subsistent quant à la portée de la loi d’amnistie. De nombreux experts, comme Alfredo Romero de l’organisation Foro Penal, soulignent que cette procédure n’est "pas automatique" et qu'elle nécessite un long processus judiciaire, ce qui est particulièrement préoccupant.
Delcy Rodríguez, présidente par intérim du pays, a annoncé que l’amnistie pourrait bénéficier à environ 11 000 détenus politiques, mais certains de ces détenus ont déjà passé près de trente ans derrière les barreaux.
Les inquiétudes persistent cependant : des centaines de prisonniers, notamment des policiers et militaires impliqués dans des accusations jugées "terroristes", semblent exclus du champ d'application de cette loi, fait remarquer plusieurs sources au sein de l’opposition. De plus, cette amnistie ne couvre pas entièrement les événements qui se sont produits entre 1999 et 2026, périodes marquées par les mandats de Hugo Chavez et Nicolas Maduro.
Un appel à l'unité et à la liberté
À Maracaibo, tout récemment, Juan Pablo Guanipa, un ancien détenu, a déclaré devant ses partisans : "Nous allons tous nous battre pour que ce qui vient de commencer devienne une réalité et que nous ayons la démocratie, la liberté pour tous et à égalité !" Son témoignage évoque l'espoir d'une transformation politique profonde dans le pays.
Les voix du pays continuent de s'élever pour réclamer une amélioration de la situation des prisonniers politiques. La mobilisation actuelle pourrait bien marquer un tournant dans la lutte pour l'équité et la justice au Venezuela.
Avec AFP







