Ali Khamenei, Guide suprême de l'Iran depuis 1989, a trouvé la mort ce samedi 28 février dans une frappe israélienne, marquant ainsi la fin d'une ère de 36 ans à la tête du pays. Ce décès, intervenu à l’âge de 86 ans, intensifie les tensions entre Téhéran et Israël, dont Khamenei était devenu une cible au fil des ans.
Pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, l'élimination de l'ayatollah était une nécessité pour "mettre fin au conflit" avec l'Iran. La confirmation de son décès par les médias iraniens a été accueillie par des scènes de joie à Téhéran, des habitants célébrant depuis leurs fenêtres et diffusant de la musique, témoignant d'un profond changement dans la société iranienne.
Période de deuil de 40 jours
En réponse à la perte de leur leader, le gouvernement iranien a décrété une période de deuil de 40 jours, accompagnée de sept jours fériés. Un présentateur de la télévision d'État a déclaré : "Avec le martyre du guide suprême, sa voie et sa mission ne seront ni perdues ni oubliées ; elles seront au contraire poursuivies avec davantage de vigueur et de zèle".
Le personnage le plus important de l’État
Khamenei, qui a succédé à l’ayatollah Rouhollah Khomeini, a dirigé l’Iran d’une main de fer. En tant que deuxième Guide suprême de l'histoire du pays, il avait la responsabilité de guider la communauté musulmane chiite et de définir la direction de la République. Il avait également le pouvoir de destituer le président et contrôlait le Corps des gardiens de la révolution, une institution militaire cruciale pour le régime.
Né en 1939 à Machhad, Khamenei a rapidement pris une position contre le chah Mohammed Reza Pahlavi, opposé aux réformes sécularisantes. Sa carrière politique a décollé avec la Révolution islamique de 1979, conduisant à une relation étroite avec Khomeini. Après un mandat présidentiel marqué par une tentative d’assassinat, il a accédé à la fonction de Guide suprême en 1989.
Son règne a été marqué par une opposition ferme aux États-Unis et à Israël qu'il désignait comme "Petit Satan". Khamenei a aussi été un acteur clé dans l'escalade des tensions nucléaires en dépit de ses doutes sur l'accord de 2015, mais sans jamais s'y opposer frontalement, selon The Guardian.
Un règne mis à l’épreuve
Malgré sa longévité au pouvoir, Khamenei a dû affronter des défis, notamment lors des manifestations en réponse à la mort de Mahsa Amini après son arrestation en 2022. Bien qu’il ait réussi à maintenir un contrôle strict sur la société iranienne grâce à une répression, le renforcement des mouvements d’opposition et la détérioration des relations régionales ont remis en question l'avenir du régime.
Alors que le régime des mollahs tente de stabiliser sa position, les spéculations vont bon train sur son successeur. Beaucoup estiment que son fils, Mojtaba, pourrait être le favori pour hériter du poste de Guide suprême.
A l'heure où l'Iran fait face à une instabilité croissante, le meurtre de Khamenei pourrait redéfinir les dynamiques de pouvoir au Moyen-Orient. Les répercussions de cet événement tragique se font déjà ressentir, tant sur le plan national qu'international.







