L'Iran et Israël, ennemis jurés depuis 1979, sont plongés dans un conflit qui a façonné la geopolitique du Moyen-Orient. En près d'un demi-siècle, ces deux nations s'affrontent incessamment avec pour objectif central d'empêcher l'État iranien d'acquérir l'arme nucléaire. Cet article revient sur cette lutte sourde, rythmée par des opérations secrètes et des assassinats ciblés.
Depuis la Révolution islamique, l'Iran a pris position contre Israël, nourrissant ainsi un conflit latent marqué par une rhétorique virulente. Mahmoud Ahmadinejad, ancien président iranien, clame en 2007 : "Avec l'aide de Dieu, nous assisterons prochainement à la destruction du régime sioniste". Cette déclaration préfigure les menaces persistantes contre l'État hébreu qui considère l'Iran comme un danger existentiel.
Pour Israël, la priorité est d'empêcher l'Iran d'accéder à la maîtrise nucléaire. Les méthodes employées sont des plus variées, allant des opérations discrètes aux attaques plus visibles. Parmi les interventions notables, l'attaque du virus Stuxnet en 2010 qui a visé les ordinateurs de la base nucléaire de Natanz en est un exemple. Selon Sylvain Lepetit, réalisateur du documentaire Iran, Israël et la bombe, "Le virus a été introduit par un ingénieur néerlandais, travaillant en fait pour le Mossad, qui a causé des pannes sur les centrifugeuses".
D'une guerre secrète à un conflit ouvert
Ces opérations ont réussi à retarder le programme nucléaire iranien, mais sans l'arrêter. En 2018, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a révélé une collecte de documents prouvant que l'Iran poursuivait son ambition nucléaire : "Regardez ce qu'on a trouvé : 55 000 pages. Et encore 55 000 autres documents sur 183 CD !"
L'opération, marquée par le vol de milliers de fichiers d'une nuit à Téhéran, fut orchestrée par les services secrets israéliens. Cependant, l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh en 2020, perçu comme le chef d'orchestre du programme iranien, reste l'un des coups les plus sérieux portés par Israël. L'utilisation d'un robot tueur pour cette élimination témoigne de la sophistication des actions israéliennes. Selon Sima Shine, ancienne responsable du Mossad, "Ces actions ne peuvent pas stopper le programme nucléaire iranien. Elles l'ont ralenti, mais pas stoppé".
Cependant, en juin dernier, avec le soutien américain, Israël a franchi un cap remarquable en attaque directe contre des installations nucléaires iraniennes, transformant ainsi une guerre longtemps secrète en un affrontement ouvert. Ce changement de stratégie s'annonce comme un tournant dans le conflit, qui reste plus qu'un simple affrontement entre deux nations, mais un enjeu majeur pour la sécurité régionale.







