Ce vendredi, à la mi-journée, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a surgi de 4,04 %, atteignant 88,86 dollars. Une augmentation qui trouve son origine dans les perturbations de l'approvisionnement sur les marchés mondiaux liées au conflit en cours au Moyen-Orient.
Depuis avril 2024, le baril n'avait pas grimpé aussi haut. Avec le détroit d'Ormuz toujours paralysé, les prix du pétrole explosent ce vendredi. Le déclenchement de cette montée des prix est attribué à l'annonce des autorités kurdes irakiennes concernant la suspension de l'exploitation d'un champ pétrolier par une compagnie américaine suite à une attaque récente.
Une source sécuritaire a rapporté à l'AFP que le jeudi, deux drones ont frappé un champ pétrolier dans la région de Sarsang, exploité par la société HKN Energy.
À 13h25, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, continuait de grimper, atteignant ainsi un niveau inédit depuis avril 2024. Parallèlement, le baril de West Texas Intermediate, expédié en avril, a enregistré une hausse de 5,52 %, se chiffrant à 85,48 dollars.
Le détroit d’Ormuz bloqué
« Chaque jour sans reprise des flux engendre une réévaluation à la hausse du volume d’offre perdue », précisent les analystes d'ING.
Depuis le début de ce conflit, diverses infrastructures pétrolières ont été la cible d'attaques. L'embargo sur le détroit d'Ormuz, par où circulent près de 20 % de la production mondiale de pétrole, complique gravement l'approvisionnement sur le marché international.
Avec les capacités de stockage en baisse, l'analyste Homayoun Falakshahi de Kpler avertit : « Si cette situation perdure, nous assisterons à une rationalisation de la production de brut, suivie d'une nouvelle diminution de l'activité des raffineries, notamment en Asie et au Moyen-Orient ».
Bien que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aient la capacité de contourner partiellement le détroit, près de 8,7 millions de barils par jour restent bloqués, souligne Falakshahi.
Pour éviter des pénuries potentielles, la Chine a récemment incité ses principaux raffineurs à interrompre leurs exportations de gazole et d'essence, comme l'indique Bloomberg. Par ailleurs, le gouvernement américain a consenti à autoriser la livraison de pétrole russe sous sanctions vers l'Inde pour un mois, en réponse à l'impact du conflit sur les approvisionnements de New Delhi.







