Le ministère de la Santé a déclaré, le 19 mars 2026, qu'il ne donnerait pas suite à un accord entre les syndicats et le patronat pour une revalorisation de 64 € brut des salaires mensuels des aides à domicile, provoquant une vive réaction des représentants du secteur.
Les employeurs associatifs des services d'aide à domicile ont vivement critiqué, le 20 mars 2026, la décision du gouvernement de refuser une fois de plus une augmentation salariale dans un domaine déjà éprouvé par une « pénurie de main-d'œuvre croissante ». En octobre de l'année précédente, l'organisation patronale USB-Domicile, en collaboration avec la CGT et la CFDT, avait convenu d'une augmentation de 64 € brut par mois, scellant ainsi l'avenant 72 à la convention collective de la branche. « Cette revalorisation avait pour but de rattraper le Smic et de lutter contre une stagnation des salaires », a déclaré Anne Cousin, directrice de la fédération Una, en ajoutant que 40 % des rémunérations restent en dessous du Smic.
C'est le troisième refus depuis 2025
Par un arrêté diffusé jeudi, le ministère de la Santé a notifié son refus d'agréer cet accord salarial, un acte qui marque la troisième fois que l'État rejette des avenants pour une augmentation de la rémunération, comme le souligne Anne Cousin.
« En rejetant cette demande d'agrément, les pouvoirs publics choisissent d'aggraver une situation déjà désastreuse pour les services d'aide à domicile, qui sont épuisés », a déclaré USB-Domicile dans un communiqué. Ils mettent en lumière que ces services manquent cruellement de ressources humaines pour assurer des missions vitales auprès des citoyens les plus vulnérables, souvent des personnes âgées ou handicapées.
Une érosion significative des effectifs
Cette décision semble contribuer à « la paupérisation des professionnels, majoritairement des femmes, qui subissent une détérioration de leur pouvoir d'achat, exacerbée par la flambée des prix du carburant », a-t-elle ajouté. En effet, la branche est constituée à 95 % de femmes, souvent responsables de familles monoparentales, travaillant à temps partiel et ainsi subissant les conséquences d'un salaire partiel au Smic.
Le secteur a enregistré une chute de 15 % de ses effectifs au cours des dernières années, en grande partie due à des salaires peu attractifs face à des besoins en croissance liés au vieillissement de la population et à l'accroissement de la dépendance, a précisé Anne Cousin.
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