Dans une interview diffusée le 24 avril sur le plateau des "4 Vérités", Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a clarifié les enjeux du troisième programme national de rénovation urbaine et la nouvelle loi sur le logement. En réponse à la crise du logement en France, le gouvernement envisage de réintroduire des milliers de logements énergétiquement inefficaces sur le marché locatif, sous certaines conditions.
Ce projet, annoncé le 23 avril par le Premier ministre et Jeanbrun, concerne "entre 650 000 et 700 000 logements" qui devraient retrouver leur statut locatif. Les propriétaires seront contraints de réaliser des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique sous un délai déterminé, trois ans pour les maisons individuelles et cinq pour les appartements collectifs. "Nous proposons une mesure pragmatique, car priver les propriétaires de cette ressource pourrait empêcher les rénovations nécessaires," a souligné le ministre.
Les implications de cette loi
Lors de l'interview, Jeanbrun a affirmé que le diagnostic de performance énergétique (DPE) serait scruté après trois ou cinq ans pour s'assurer que les logements aient atteint des critères minimaux. Les propriétaires devront donc être en mesure de prouver une amélioration de la classification de leur bien, une condition capitale pour continuer à louer.
Interrogé sur les inquiétudes concernant la qualité de ces logements, Jeanbrun a précisé : "Il ne s'agit pas de condamner des logements indignes, mais de permettre aux gens de rester dans des lieux où ils peuvent vivre dignement. Il existe une différence entre une passoire thermique et un logement indécent. Nous visons à préserver le droit au logement pour les millions de Français concernés."
Un nouveau souffle pour les quartiers
Le ministre a également abordé l'ANRU 3, un nouveau volet de rénovation urbaine, qui se concentre sur une approche intégrée du logement et de la sécurité des quartiers. "Nous voulons sortir des dogmes de démolition et réfléchir à ce qui est le mieux pour les habitants," a déclaré Jeanbrun, valorisant une vision davantage centrée sur les besoins des communautés, en élargissant la portée de l'ANRU à des villes de taille moyenne.
Concernant le financement, Jeanbrun a rassuré quant à l'implication d'autres acteurs, notamment Action Logement et des bailleurs sociaux, qui joueront un rôle clé dans le soutien financier de ces projets. Ainsi, l'État n'aura qu'une part minime dans l'investissement nécessaire, ce qui pourrait en faire un modèle viable économiquement.
Une décentralisation en faveur des maires
Une autre avancée phare de ce projet de loi est le transfert de pouvoir aux maires dans l'attribution des logements sociaux. Jeanbrun a expliqué que cette décentralisation vise à favoriser les habitants de chaque commune, tout en maintenant des garde-fous pour éviter le clientélisme, en utilisant des commissions d'attribution existantes.
Concluant l'interview, Jeanbrun a exprimé sa confiance en une solution collective pour le futur politique français, se positionnant pour une candidature unifiée du bloc central et de la droite aux prochaines élections.







