La municipalité de Lyon a récemment fait parler d'elle en décernant la citoyenneté d'honneur à Hussam Abu Safiya, un pédiatre et directeur d'hôpital à Gaza, accusé par les autorités israéliennes d'être lié au Hamas. Cette décision a entraîné un flot de critiques à l'encontre du maire Grégory Doucet, représentant d'EELV, qui a été mis sous pression à quelques mois des élections municipales de 2026.
Le 13 décembre, lors de la Journée internationale des droits humains, la mairie a honoré six personnalités engagées dans la défense des libertés. Parmi elles, Abu Safiya, reconnu comme une figure majeure du système de santé de Gaza, a suscité des interpellations. Selon la mairie, il incarne « le courage des soignants face à l’innommable », soulignant que ce médecin avait perdu un fils dans une frappe israélienne. Elle a défendu son choix en disant que celui-ci était un symbole de résistance.
Cependant, cette reconnaissance a été fortement critiquée. La députée Caroline Yadan, apparentée Ensemble pour la République, a dénoncé ce geste en qualifiant Abu Safiya de « colonel du Hamas », insinuant que cela revenait à soutenir une organisation qualifiée de terroriste. Elle pointe du doigt des propos tenus par le médecin après l’attaque du 7 octobre 2023, soulignant qu’il avait exprimé son soutien à la violence, ce qui a exacerbé les tensions politiques entourant cette décision.
Par ailleurs, Alain Jakubowicz, président d’honneur de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), a déclaré que cet acte souillait l’héritage de la ville. Les réactions ont été jugées virulentes, rappelant à quel point la situation au Proche-Orient suscite des passions fortes, même à des milliers de kilomètres.
L’ancien président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, a également manifesté son désaccord, qualifiant cette décision d’« importation de conflits extérieurs ». Il a exprimé sa consternation face à ce qu'il décrit comme une manipulation des émotions à des fins politiques. Des experts en enjeux internationaux soulignent que ce genre d’acte pourrait avoir des répercussions sur l'image de Lyon et réduire la confiance envers les institutions.
Ce choix du maire, bien loin de faire l’unanimité, incarne les défis complexes auxquels font face les élus dans un contexte mondial polarisé. Alors que la campagne électorale pour 2026 approche, ces critiques posent la question de l’héritage politique de Doucet et de l’avenir de la ville face à des décisions aussi controversées.







