La colère des agriculteurs français prend une nouvelle dimension avec l'attente d'un geste crucial du gouvernement, alors que l'accord de libre-échange UE-Mercosur est sur le point d'être signé à Bruxelles. Après une démonstration de force impressionnante autour de lieux emblématiques comme l'Arc de Triomphe et la tour Eiffel, les tracteurs de la Coordination rurale ont été retirés des rues de la capitale, mais la tension reste palpable.
Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a exprimé sa satisfaction face à l'action pacifique des agriculteurs, soulignant l'absence de dégradations lors de la mobilisation. « Nous avons réussi un exploit », a-t-il déclaré, tout en appelant à la prudence et à l'observation des annonces gouvernementales à venir.
Les manifestations risquent de se poursuivre, avec des blocages programmés dans diverses régions de France et même au-delà des frontières, incluant des pays comme la Belgique et la Pologne. Les agriculteurs dénoncent une précarité croissante ainsi qu'une concurrence déloyale des produits importés, en particulier d'Amérique du Sud. Ce climat d'insatisfaction s'est exacerbé récemment, notamment à cause de la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et les inquiétudes concernant l'accord UE-Mercosur.
Alors que le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre l'accord, les agriculteurs restent sceptiques. « Même si notre voix ne bloque pas le traité, cela témoigne de notre mécontentement », a déclaré un agriculteur présent à la mobilisation. La FNSEA, le premier syndicat agricole français, a prévu un grand rassemblement à Strasbourg, si cet accord est finalement ratifié.
Les blocages routiers se sont intensifiés, notamment sur les autoroutes A27 et A2, où la préfecture a dû intervenir pour maintenir l'ordre. Les porte-parole des jeunes agriculteurs ont assuré qu'ils continueraient ces actions jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues. « Nous ne plierons pas, nous resterons mobilisés », a affirmé Anthime Coupet, président des jeunes agriculteurs du Nord.
Malgré les récentes déclarations du gouvernement et les efforts pour apaiser les tensions, le mécontentement dans le secteur agricole ne montre aucun signe de diminution. « Le combat sera long », a précisé Venteau, tout en indiquant que les agriculteurs sont prêts à revenir sur le terrain si leurs demandes ne sont pas prises au sérieux. Plus de 600 tracteurs étaient présents lors des manifestations en dehors de la capitale, et la ministre de l'Agriculture a suggéré que certains agriculteurs pourraient commencer à se retirer une fois leurs revendications mieux comprises.
Alors que le climat s'échauffe, les agriculteurs demeurent vigilants et déterminés à se faire entendre, illustrant ainsi l'importance vitale de l'agriculture dans le paysage économique et social français.







