Marseille se dirige vers une quadrangulaire palpitante. Les deux figures principales, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement National (RN), Franck Allisio, s'affrontent de près, avec Payan légèrement en tête en rejetant l'offre de LFI et appelant à faire front contre la menace du RN.
Les autres candidats, Martine Vassal de la droite et Sébastien Delogu de LFI, peinent à s'imposer, chacun étant estimé autour des 12%. Ces estimations proviennent de plusieurs sondages pré-électoraux, dont ceux d'Ipsos BVA Cesi publiés par France Télévisions, qui placent les deux leaders presque à égalité, avec 35,6% pour Payan contre 35,1% pour Allisio.
Les chiffres varient selon les instituts, comme l'indique un sondage d'Elabe-Berger Levrault pour BFM TV, où Payan devancerait Allisio de 2,5 points (36,7% contre 33,6%). La tendance se renforce selon Ifop-Fiducial, rapporté par TF1, qui prédit un écart de 4,6 points en faveur de Payan (38,1% contre 33,5%).
Alors que la dynamique des alliances reste cruciale pour le second tour, Benoît Payan a exhorté les Marseillaises et les Marseillais à se rassembler autour de sa liste de coalition (Printemps marseillais), soulignant la nécessité de résister à la "vague brune" que représente le RN. "Cette ville doit montrer qu'elle est résistante face à cette montée de l'extrême droite", a-t-il déclaré après minuit.
Pour sa part, Allisio, ancien membre de l'UMP, lance un appel à l'union pour contrer la gauche. "Unissons-nous pour battre l'extrême gauche et la gauche", a-t-il imploré, révélant une volonté de conquête dans cette ville symbolique.
Le changement à gauche de Marseille en 2020, après 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin, avait déjà été un choc. Si l'extrême droite parvenait à prendre le contrôle le 22 mars, cela marquerait un tournant majeur à un an des élections présidentielles.
Sébastien Delogu de LFI a immédiatement réaffirmé la position de son parti, appelant à un "front antifasciste" pour contrer le RN. Selon ses mots, la main tendue de LFI est pour lui un geste de solidarité, néanmoins, Payan a catégoriquement rejeté cette invitation : "Cette main-là m’a donné des coups de poing pendant des mois", a-t-il rétorqué, soulignant l’incohérence politique qu’il perçoit.
Delogu a qualifié ce refus d'"irresponsable", avertissant que cela pourrait conduire à la victoire du RN. En parallèle, Martine Vassal, une candidate controversée, ne semble pas disposée à ajuster sa stratégie, malgré un parcours électoral difficile et des déclarations hésitantes.
La récente réforme de la loi PLM complique davantage les choses. La liste se plaçant en tête au-delà de 34% remportera la majorité des sièges au conseil municipal central, rendant chaque voix cruciale dans cet affrontement.







