C'est une rentrée agitée en Creuse. Après une première présentation de la carte scolaire le 2 avril, une nouvelle réunion se tenait lundi en présence de l'inspecteur d'académie et des syndicats, bien que ces derniers aient décidé de boycotter l'événement. En amont, près de 70 personnes, parents d'élèves, élus et membres de syndicats, se sont rassemblés devant la préfecture de Guéret pour exprimer leur mécontentement face aux menaces de fermetures de classes.
Dans cette seconde mouture de la carte scolaire, l'école de Vallière a remporté une bataille importante : sa classe a été sauvée, évitant ainsi un regroupement des niveaux allant du CP au CM2, une situation redoutée par les parents. Élise Selve, représentante des parents d'élèves, a déclaré : "Nous avons multiplié les mobilisations, fait entendre notre voix, et nous sommes soulagés d'être enfin écoutés." Le combat de Vallière a suscité des soutiens, mais d'autres écoles, comme celle de Genouillac, ont moins de chance. "Nous avons rassemblé 109 parents et élus devant notre école, mais l'absence de dialogue avec les autorités reste frustrante," a relevé Vincent Bouchité, un parent d'élève, qui signale qu'ils prévoient de poursuivre leurs actions.
En effet, six fermetures de classes sont toujours envisagées à Crocq, Genouillac, La Courtine, La Souterraine, Saint Sulpice les Champs et au Regroupement de Saint Silvain Bellegarde - Bellegarde en Marche. La fatigue se lit sur les visages des parents, notamment à Crocq, où Vanessa Magnier, la secrétaire de l'association des parents d'élèves, souligne : "L'école a déjà été menacée à plusieurs reprises, et nous sommes épuisés, mais notre détermination est intacte." D’autres parents partagent cette lassitude, notamment une enseignante de Masbaraud-Mérignat qui souligne que son école pourrait accueillir 27 élèves dans une classe, bien au-delà des préconisations gouvernementales.
Les syndicats sont également en désaccord avec cette nouvelle organisation. Ségolène Auclair, du SNUIPP-FSU, a averti que "les injustices demeurent et la réponse du directeur académique ne prend pas en compte les besoins spécifiques des écoles". De plus, elle s'inquiète de la suppression de postes dans les Instituts Médico-Éducatifs (IME) alors que les listes d'attente pour ces structures sont longues. Force Ouvrière a également dénoncé les suppressions de postes d'enseignants affectés à plusieurs écoles, un point soulevé par la maire de Chénérailles qui a constaté la coupe de personnel sans préavis.
La réunion de lundi soir n'ayant pas abouti à la finalisation de cette carte scolaire, une nouvelle rencontre est attendue le 27 avril prochain. L'issue de ces discussions alimentera sans doute de nouvelles mobilisations.







