Lors de son assemblée générale tenue le 25 avril à Périgueux, la Fédération des chasseurs de la Dordogne a révélé que les dégâts causés par les sangliers ont généré plus d'un million d'euros d'indemnisation aux agriculteurs pour la saison 2024-2025. Ce montant surprenant dépasse largement les prévisions, plaçant la fédération dans une situation qualifiée de "catastrophique".
La question des dégâts causés par le grand gibier a été au centre des débats, la Fédération ayant dû s'attaquer à une augmentation sans précédent des indemnités. Pour faire face à cette situation, une hausse des timbres et des bracelets nécessaires à la chasse a été annoncée.
Une hausse des tarifs pour les chasseurs
À partir de maintenant, le timbre grand gibier passera de 10 à 15 euros, tout comme le prix des bracelets de sanglier, exigés pour chaque animal abattu. Le problème s’aggrave alors que, depuis 2000, l’État a transféré la responsabilité des indemnités aux fédérations de chasse, entraînant une croissance continue de la population de sangliers. Selon la Fédération, entre juillet 2024 et juin 2025, 1.257 déclarations de dommages ont été enregistrées, soit une augmentation de 64 % par rapport à la saison précédente.
Les chasseurs sous pression
Face à la crise actuelle, la Fédération a puisé dans ses réserves financières, mais pour éviter un recours excessif à ces fonds, une augmentation des prix était inévitable. 23.000 sangliers ont été abattus au cours de cette saison, un chiffre en hausse, témoignant de l'effort des chasseurs pour maîtriser cette problématique. Cependant, Jean-Paul Dubos, le secrétaire général de la Fédération, a lancé un cri d’alarme, se demandant combien de temps les chasseurs pourront soutenir cette pression croissante.
Avec 15.651 chasseurs dans le département, soit 200 de moins que l’année précédente, l’avenir de la chasse et de l’agriculture est en jeu. "La chasse est en sursis, l'agriculture aussi", a-t-il ajouté, appelant les agriculteurs à s’impliquer davantage dans cette lutte.
Une solution expérimentale : tirs de nuit
Pour tenter de diminuer les dégâts, une nouvelle initiative a été introduite. En 2025, des tirs de nuit seront autorisés sur certaines zones pendant les périodes de semis, mais sous certaines conditions. Les chasseurs devront se soumettre à une formation spécifique avant de pouvoir tirer en dehors des horaires habituels, et cette expérimentation se déroulera dans 19 communes jusqu’au 15 juin, comme l’a précisé Marie Aubert, la préfète de la Dordogne. Ce cadre strict devrait permettre une meilleure gestion de la population de sangliers.
Bien que la saison de chasse actuelle semble prometteuse avec moins de demandes d'indemnisation, la réflexion sur la durabilité de la chasse et son impact sur l'agriculture reste cruciale pour l’avenir des deux secteurs.







