Dans un contexte dramatique, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a souligné auprès des recteurs d'académie la nécessité de diffuser avec diligence le guide de signalement des abus sexuels dans les établissements scolaires. Lors d'une intervention sur TF1, il a évoqué le triste sort de la petite Lyhanna, retrouvée décédée, alors qu'un suspect était déjà visé par une plainte pour viols sur mineure.
"J'ai réuni tous les recteurs de France lundi pour insister sur l'importance de partager systématiquement ce guide de signalement publié en mars dernier”, a affirmé Geffray. Il a expliqué que l'école représente le premier interlocuteur de la justice en matière de signalements, avec environ 80 000 cas chaque année, toutes causes confondues.
En début d’année, le ministre avait également annoncé la création d’un protocole d'action sous forme de guide, destiné à standardiser les signalements effectués par le personnel éducatif. Dans un contexte où la sécurité des mineurs est primordiale, Geffray a exprimé son impatience face à l'élaboration d'une liste noire, qui interdirait l'emploi dans les établissements scolaires de personnes ayant eu des comportements inappropriés envers des mineurs.
Cette initiative vise à faire de l'école un "sanctuaire" pour les élèves, en évitant d'attendre une condamnation pénale avant d'agir. Concernant le cas de Lyhanna, le ministre a précisé qu'il n’avait pas encore d'éléments établissant une défaillance de l'Éducation nationale, mais qu'il souhaitait examiner tous les faits.
Il a rappelé qu'il y a cinq ans, un signalement avait été fait à l’encontre du principal suspect, Jérôme B. Cela avait conduit à son licenciement pour avoir entretenu une relation via SMS avec une élève. Cependant, la question demeure : les services de l'Éducation ont-ils alerté la gendarmerie ? Selon Geffray, ils ne l’ont pas fait immédiatement, en partie parce que cette relation n'était pas considérée comme pertinente sur le plan pénal à l'époque.
En janvier dernier, le ministre avait indiqué qu'environ 30 à 40 agents sont radiés chaque année pour des faits à caractère sexuel, que ce soit envers des mineurs ou entre adultes. Ces chiffres soulignent l'importance d'une vigilance constante et d'une communication efficace au sein des établissements scolaires.







