À Montpellier, la pension Adoma Fermaud-Merci a récemment ouvert ses portes, offrant un aperçu de la vie quotidienne au sein de ces structures souvent méconnues.
Au sein de la pension Fermaud-Merci, située aux Arceaux, les dix-sept résidents accueillent les visiteurs souhaitant découvrir leur quotidien. Contrairement à un logement social temporaire, la pension de famille vise une stabilité à long terme.
Apparue suite à un programme expérimental en 1997, ce type de résidence sociale se distingue par l'absence de limitation de durée dans l'hébergement.
Des logements "pour se reconstruire"
Abdou Berichi, le responsable de la pension, commente : "Ici, nous disons aux résidents qu'ils ont le temps de se reconstruire. Notre objectif est de les aider à retrouver leur autonomie et les orienter vers d'autres solutions".
Cette journée portes ouvertes a permis aux résidents de présenter les diverses activités proposées tout au long de l'année. Marion, agente d’accueil depuis deux ans, souligne : "Je m’assure que les activités du lundi au vendredi répondent au bien-être des résidents".
La pension reçoit également des intervenants pour partager leurs talents. Selon M. Berichi, "Nous avons une sociocoiffeuse qui offre ses services tout en établissant un dialogue avec les résidents, apportant ainsi un soutien moral". Ces activités restent cependant facultatives.
Pour les personnes en difficulté
Adoma, fondée par l’État pour loger les travailleurs immigrés, a évolué pour répondre aux divers besoins des demandeurs. Aujourd'hui, elle représente le premier bailleur de logements accompagnés en France, offrant des logements privatifs avec un suivi adapté pour des personnes en situation précaire.
Elle accueille des demandeurs d’asile et des femmes victimes de violence. L'éventail des services varie de la résidence sociale classique à la pension de famille, avec la finalité de réinsérer ces personnes dans la société.
"Je n’avais envie de venir qu’ici"
Le critère principal d'admission repose sur l'autonomie des futurs résidents. M. Berichi explique : "Lors du traitement des demandes, nous évaluons le parcours des candidats à travers leurs interactions lors des activités, avant d'accepter quelqu'un pour maintenir un équilibre au sein de la structure".
Pour Ndra, résidente depuis près d'un an, ce processus a été bénéfique. Elle confie : "Abdou m’a invitée à participer à une activité pour voir comment je m’adaptai". Fiére de son appartement, elle poursuit : "Bien que j’ai fait des demandes ailleurs, c'est ici que je voulais être". Elle ajoute : "Nous sommes consultés pour les activités afin qu'elles conviennent au plus grand nombre. Je me sens vraiment écoutée".
"Il faut être vigilant"
Bien que l’autonomie soit essentielle, les pensions de famille restent un dispositif d’accompagnement. Abdou Berichi précise : "Nous faisons face à des résidents souffrant d'addictions, et il est crucial de rester attentif et de les aider, notamment dans la gestion de leurs finances". Ce soutien est fondamental pour la réinsertion de ces individus dans la société.







