De notre envoyée spéciale à Lille,
Cachées derrière d'imposants conifères, les caravanes des gens du voyage d'Hellemmes-Ronchin, situé près de Lille, semblent minuscule face à la centrale à béton qui les surplombe. Les habitants, exposés à un environnement hostile, font état d’un air chargé de poussières, particulièrement pendant les fortes chaleurs, comme celles de cet été. « Avant, nous avions une vue directe sur la centrale ; maintenant, c'est à peine mieux », admet Sue-Ellen Demestre, présidente du collectif Da So Vas, créé en 2013 pour lutter contre la pollution qui pénalise leurs familles.
Prendre en compte le bien-être de ces 57 familles, souvent entravées par des maladies respiratoires et des pathologies liées à leur environnement, devient impératif. « Ici, la durée de vie ne dépasse rarement 65 ans », souligne-t-elle.
Un environnement toxique
Les habitants se trouvent piégés entre une cimenterie, une concasserie et un champ agricole traité avec des pesticides. Une situation qui a engendré de nombreux problèmes de santé, depuis des maladies de peau jusqu'à des cancers, comme le confirme une étude du ministère de la Santé. « Après notre installation, beaucoup parmi nous ont souffert de dermatites », se rappelle Sue-Ellen. Les enfants, souvent malades, sont confrontés à un avenir incertain. En 2018, une enquête menée par l'Agence régionale de santé a confirmé les craintes, mais ses résultats demeurent flous en liant les maladies uniquement à des facteurs généraux.
« Cessant d’être ignorés, nous avons décidé de lutter pour notre dignité », explique une autre membre du collectif. Grâce à des campagnes de sensibilisation, elles ont réussi à attirer l'attention sur leurs difficultés sanitaires et sociales. Cependant, malgré quelques progrès, les solutions concrètes tardent à venir.
Les promesses en attente
En 2025, une occupation illégale de terrains a servi de déclic. Exaspérés par l'inaction, les habitants ont choisi de s'installer sur un site plus favorable à Villeneuve-d'Ascq. Cette initiative a enfin incité la métropole à proposer un autre emplacement. Pourtant, les conditions de vie demeurent inquiétantes. « Le terrain est à nouveau recouvert de goudron, qui atteint des températures extrêmes », constate Sue-Ellen, dénonçant la précarité de leur situation.
Marie Toussaint, eurodéputée écologiste, suit ce dossier complexe : « Les autorités sont conscientes de la nécessité de solutions durables, mais des retards persistent, souvent liés à des questions administratives et financières. » Les gens du voyage exigent maintenant un véritable engagement de la part des collectivités.
Dans ce climat favorisant la tension sociale, leurs luttes restent un appel à la solidarité pour garantir leur santé et leur dignité. La situation exige des réponses concrètes et rapides, et malgré les promesses d'amélioration, les habitants d'Hellemmes-Ronchin restent sur le qui-vive, attendant un avenir plus radieux où leur vie ne serait plus menacée par une pollution qu'ils n'ont pas choisie de vivre.







