Le contrôle aérien en France, géré par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), fait l’objet d’un rapport critique de la Cour des comptes. Ce dernier souligne une gestion inefficace, des coûts en hausse et une forte conflictualité sociale. Après une précédente évaluation du Sénat le 23 juin, les magistrats réitèrent leurs inquiétudes concernant les retards croissants et les nombreuses annulations qui affectent les passagers français.
Les compagnies aériennes ne cachent plus leur mécontentement face à la qualité de service parfois jugée médiocre. Dans certains cas, les contrôleurs aériens restent injoignables, provoquant des perturbations dans la coordination des vols. Selon un rapport de France Info, ces manquements ont conduit à une dégradation de l’expérience client alors que le nombre de passagers ne cesse d'augmenter.
Une performance opérationnelle en retrait
Le constat est sans appel : « les retards et les annulations des vols commerciaux sont en hausse, plaçant la France dans les moins bons rangs européens » explique la Cour des comptes. Les grèves sont un facteur aggravant, avec un nombre de jours de grève en 2025 dépassant la moyenne des années précédentes, et ce, malgré l’instauration d’un nouveau protocole social. En effet, une grève observée en juillet 2024 a perturbé le voyage d’un million de passagers en Europe.
Comme le souligne un expert en aviation civil, « ces conflits sociaux prennent une ampleur inacceptable. Il est impératif de trouver un équilibre entre les droits des travailleurs et la satisfaction des passagers ». De plus, le protocole actuel, en augmentant les salaires de 16 % sur la période 2023-2027, pose des questions quant à l’efficacité de cette stratégie face à une productivité en baisse.
La DGAC fait face à un autre défi : le départ à la retraite de 30 % de ses effectifs dans la prochaine décennie. Ce chiffre pose des questions sur l’avenir du contrôle aérien, qui doit impérativement améliorer sa gestion des ressources humaines pour éviter une crise de recrutement.
Vers une évolution du statut juridique
Pour répondre à ces enjeux, la Cour des comptes propose de redéfinir le statut du contrôle aérien en rendant la Direction des Services de la Navigation Aérienne (DSNA) autonome, à l’image d’autres secteurs comme les télécommunications. « Cette transformation mériterait une étude approfondie », concluent les magistrats, laissant présager des changements majeurs dans l’organisation du contrôle aérien français.







