« Pas de vague. » Si William Lafleur devait un jour raconter ses mésaventures, ce serait probablement le titre. Cet ancien enseignant d'anglais fera face à la justice le 24 février prochain à Toulouse suite à des accusations de diffamation.
Sous le pseudonyme de « MsieurLeProf », il a su captivé l'attention près de 400.000 abonnés sur X avec ses récits humoristiques et critiques acerbes sur l'école et ses conditions de travail. Le passage à des dénonciations plus directes du système éducatif français a suscité des ambiguïtés et controverses.
Un récit qui interpelle l'Education nationale
Dans son ouvrage publié chez Flammarion, intitulé L’ex plus beau métier du monde, il partage une expérience mitigée, accentuant un malaise croissant au fil de douze années d'enseignement. « C'était comme un ras-le-bol général. J'ai senti que j'étais en lutte constante, » explique-t-il à 20 Minutes. Des sujets délicats comme les violences subies, l'indifférence des politiques, et l'absence de ressources sont abordés, tout comme les failles du système après des incidents tragiques tels que celui de Samuel Paty.
Un des passages les plus controversés de son livre a incité son inspecteur d'académie à le poursuivre pour diffamation, en réponse à ses observations sur le système d'évaluation des enseignants.
Des inspections vécues comme humiliantes
Dans ce récit, William évoque une de ses inspections, décrite comme « infantilisante » et « humiliante ». Il mentionne avoir été interrogé « comme un élève », abordant des détails personnels tels que sa démission déjà planifiée. « Quand mes collègues ont su qui allait m'inspecter, ils m'ont conseillé de me préparer au pire... », confie-t-il, persuadé que son inspecteur avait un « compte à régler. »
« Je n'ai pas mentionné son nom ni porté d'accusations violentes, » déclare M. Lafleur, tout en affirmant que cette plainte résume une peur plus large de déranger le statu quo dans l'Education nationale.
Les conséquences d’un discours dénonciateur
William Lafleur évoque un climat de silence dans l'éducation, rappelant que dénoncer le système peut mener à de graves répercussions. « Parler de ce qui ne va pas est synonyme d’ennuis, » souligne-t-il, en faisant référence à des réformes éducatives passées qui imposent une forme de « droit de réserve » aux enseignants. En lutte pour sa propre défense juridique, il a mis en place une cagnotte qui a déjà permis de rassembler plus de 8.000 euros pour couvrir ses frais juridiques, : « Sans cela, je n'aurais pas pu me défendre » conclut-il.







