Un procès sans précédent s'ouvre ce lundi à Paris, révélant une affaire sombre impliquant la loge maçonnique Athanor. Vingt-deux individus, allant d'anciens militaires à des chefs d'entreprise, sont accusés d'une série de délits graves, y compris l'assassinat.
Les prévenus, parmi lesquels figurent un ancien policier du renseignement intérieur et des membres des services extérieurs, encourent des peines sévères pour avoir orchestré le meurtre prémédité d'un pilote de course, ainsi que des tentatives d'assassinat ciblant un syndicaliste “gilet jaune” et une coach en entreprise.
L'affaire débute avec une tentative de meurtre, le 24 juillet 2020, sur Marie-Hélène Dini, un acte qui s'est soldé par un échec grâce à l'intervention des forces de l'ordre. Les deux militaires arrêtés confessent avoir cru qu'ils agissaient contre un espion du Mossad pour le compte de l'État français.
Cependant, Marie-Hélène Dini n’est pas une espionne ; elle fait face à la rivalité de Jean-Luc Bagur, collectionneur d’armes et ancien « vénérable maître » de la loge Athanor, aujourd’hui dissoute, située à Puteaux.
« J'ai eu beaucoup de chance, cela a permis d'interrompre des actions illégales, mais cela a eu des conséquences lourdes sur ma vie », a déclaré Dini à l'Agence France-Presse (AFP).
Pour la somme de 70.000 euros, Jean-Luc Bagur a chargé un autre membre d'Athanor, Frédéric Vaglio, d'éliminer sa concurrente. Vaglio, entrepreneur de 53 ans, est présenté comme l'intermédiaire entre le commanditaire et les exécutants, et son rôle a été décisif dans l'organisation d'une série de délits.
Daniel Beaulieu, un ancien agent du renseignement de 72 ans, s'illustre aussi dans ce réseau criminel en ayant séparé sa vie personnelle de ses activités illégales. Il a admis aux enquêteurs avoir été intermédiaire pour plusieurs opérations illégales et avoir orchestré ce qui sera décrit par lui-même comme une « bavure ».
Les activités du groupe, souvent commandées par Beaulieu, incluent des agressions et des actes de vandalisme, allant jusqu'à l'assassinat du pilote Laurent Pasquali en 2018 pour une affaire de dettes.
Sébastien Leroy, l'exécutant principal, s’est déclaré manipulé par Beaulieu, qui lui avait promis un rôle d'informateur pour les services de renseignements. « Chacun joue le jeu de l'emprise de l'autre », a noté Me Jean-William Vezinet, l’avocat de Dini.
« Ce qui est particulièrement terrifiant pour ma cliente, c'est que les protagonistes - policiers, ex-DGSI, francs-maçons - sont des hommes censés défendre la société », a-t-il ajouté.
Le plan pour éliminer le syndicaliste Hassan Touzani, considéré comme un obstacle, a également échoué en raison de l'échec de l'assassinat de Dini. Les avocats de Leroy ont confirmé qu'il se présentera pour témoigner lors des audiences.
Athanor représente « des individus animés par un sentiment de toute-puissance », a analysé Me Dylan Slama, l’avocat de Touzani, qui a indiqué qu'il a de nombreuses questions à poser aux accusés.
Quant à Beaulieu, une tentative de suicide en détention l’a laissé avec des problèmes de concentration, ce qui pourrait compliquer sa défense, selon son avocat, Me Marc Pantaloni.







