Des milliers de retraités n'ont pas encore bénéficié de l'augmentation automatique de 2,2 % de leur pension depuis le début de l'année 2025. Bien que l'Assurance retraite considère que ces situations sont exceptionnelles, la CGT révèle que de nombreux dossiers demeurent négligés.
Suite à la motion de censure votée contre le gouvernement le 4 décembre dernier, la proposition de budget de la Sécurité sociale, incluant deux hausses annuelles de 0,8 % des pensions, n'a pas été adoptée. Ainsi, pour 2025, la revalorisation appliquée est celle de 2,2 %, ajustée en fonction de l'inflation, apportant de bonnes nouvelles à 15,4 millions de retraités. Cependant, des témoignages publiés par Ouest-France montrent que cette augmentation n'est toujours pas visible pour un grand nombre d'entre eux.
Des services surchargés face aux demandes
Un retraité de 76 ans, résidant à Rennes, partage sa déception : pour la première fois depuis son départ à la retraite il y a treize ans, il n’a pas reçu l’augmentation de sa pension de manière automatique. Selon ses dires, la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de Bretagne semble submergée par les demandes.
Ce constat est partagé par une retraitée de l'Essonne, qui explique n'avoir jamais eu accès à la revalorisation automatique au cours des trois dernières années. "Pour que ma pension d’environ 1 000 euros soit mise à jour, je dois appeler et écrire à la Caisse d'assurance vieillesse Ile-de-France. J'ai eu la revalorisation en retard en 2023 et 2024, et cette année, c’est toujours le flou", s’énerve-t-elle. Les réponses qu'elle reçoit signalent une surcharge des services, avec la promesse que sa demande sera traitée dans plusieurs mois.
Vérifiez le montant de votre pension
Du côté de l'Assurance retraite, il est reconnu que certains cas de retards existent, mais ceux-ci seraient considérés comme rares. En Bretagne, par exemple, seule une fraction de 0,2 % des bénéficiaires serait concernée, représentant environ 1 500 personnes aux dossiers complexes. La Cnav assure qu’elle mobilise ses ressources pour traiter les demandes de manière effective.
Cependant, les représentants de la CGT contestent cette vision. Selon eux, le manque de personnel et l'obsolescence des outils informatiques contribuent à la persistance des anomalies dans les dossiers. "À chaque revalorisation, des dossiers nécessitant un traitement manuel sont en attente", souligne Romain Rivière à Ouest-France. Un autre délégué en Île-de-France révèle que 8 000 dossiers attendent une mise à jour, certains depuis plusieurs années, et déplore que la Cnav mise sur l’initiative des retraités pour agir.
Il est fortement conseillé à tous les retraités de contrôler le montant de leur pension reçue en février dernier. La revalorisation de 2,2 % devrait y être présente, tout en tenant compte d'autres paramètres tels que l'augmentation des cotisations sociales (CSG, CRDS, Casa, Assurance Maladie), qui peuvent également influencer le montant final de la pension.







