Marx, le supplice de la goutte d’eau
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Sincèrement, je vous souhaite de ne jamais devoir écrire une critique comme celle-ci. Le restaurant de Thierry Marx, situé au château Cordeillan Bages à Pauillac (tél. : 05 56 59 24 24), est un lieu connu de tous. On y découvre un chef fascinant et admiré, dont le parcours à travers le monde ne laisse personne indifférent. Les critiques sont unanimes : il a cette personnalité attachante, combinant modernité, humilité et franchise. En franchissant les portes de cet établissement, chacun espère tomber sous le charme de son ambiance bienveillante, comme un chat se blottissant dans son panier.
Bien que les réservations soient complètes pour les soirées, le déjeuner est encore accessible en semaine. L'accueil est impeccable et le service, énergique et passionné, crée une atmosphère chaleureuse. Quant aux clients, leur présence est essentielle : ils peuvent soit transformer une soirée en désastre, soit, à l'inverse, créer une synergie qui dynamise la cuisine du chef.
En commandant un "semi-pris de parmesan et petits pois, température en déclinaison" (29 euros), j'espérais vraiment entrer dans le vif du sujet. Cependant, une série d'amuse-bouches très conceptuels m’a laissé perplexe. Une gelée de betterave posée sur une larme de caramel : voilà une approche qui m’a semblé quelque peu élitiste. Pour être franc, je peine à apprécier une cuisine où une bouchée ne fait qu'éveiller des soupçons. Si la création était minimaliste, elle en devenait trop abstraite.
Dans ce contexte, mon appétit semblait s'éclipser, à la recherche de réconfort dans le pain ou le beurre, mais le "semi-pris" était hélas un peu faible, sans grande résonance sur le palais. Nous espérions intégrer un cercle de connaisseurs, mais nous restons en réalité à la porte.
Le "bar âge de pierre au cacao" a, pour sa part, suscité de vives attentions. Quand la serveuse, telle une actrice descendue d'une scène dramatique, a brisé son enveloppe d'argile, l'excitation était palpable. En bouche, cependant, ce bar, vendu au prix de 45 euros, manquait de moelleux, ne faisant que titiller nos papilles sans vraiment les satisfaire. Après une telle énigme de saveurs, le dessert a été un soulagement.
S'agissant d'un cannelé qui arriva en prédessert, j'étais sur le point de lui demander s'il parlait français. Sa réponse avec l'accent bordelais était inattendue. Sur le fil de la gastronomie, la brioche crue au lait fermenté a éveillé diverses émotions, poussant l’hésitation à l’extrême. Je me suis donc vu contraint de rédiger cet article, album de notre douce incompréhension devant tant de subtilités.
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