Plus d'une centaine d'animateurs et de responsables de périscolaire parisiens ont manifesté mardi, devant l'Hôtel de Ville, afin d'obtenir des moyens humains et financiers pour améliorer leurs conditions de travail. Cette mobilisation fait écho à une série de révélations concernant des violences sexuelles au sein des établissements scolaires.
"Travail sérieux, moyens sérieux, enfants heureux" et "Grégoire, stop aux regards accusatoires" étaient inscrits sur leurs pancartes. L'intersyndicale Supap/FSU-CFDT-CGT, à l'origine de la mobilisation, a été reçue à 16H00 par Anne-Claire Boux, adjointe chargée des Affaires scolaires.
Nicolas Léger, secrétaire général de Supap-FSU, a souligné l'importance de passer des promesses électorales à des actions concrètes : "Il faut des moyens pour l'animation et la fin de la précarité. La question des moyens est essentielle." Marouan Tayibi, délégué syndical CFDT, a également rappelé que beaucoup d'agents se retrouvent injustement suspendus, plongeant le personnel dans un état d'inquiétude et de détresse.
Selon la mairie, 78 agents ont été suspendus depuis le début de l'année, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles. Elsa, directrice d'une structure périscolaire dans le VIe arrondissement, a partagé son ressenti : "C'est très très dur pour les agents, les parents. On ne sait plus quoi faire, comment faire. On est sous pression, ce qui est compréhensible au regard de la protection des enfants." Cette agente, qui perçoit 2.000 euros nets par mois, affirme que nombreux sont ceux qui envisagent un changement de carrière.
Laurence, directrice dans le VIIIe et IXe arrondissements, a également évoqué une "peur d'intervenir auprès des enfants par crainte d'être accusée à tort". Face à cette situation alarmante, les syndicats demandent la création de centaines de postes de titulaires, une meilleure revalorisation des carrières, ainsi qu'une réduction du ratio d'encadrement pour garantir un meilleur soutien aux enfants, notamment ceux ayant des besoins particuliers.
Concernant la proposition de la droite parisienne d'installer des caméras de vidéosurveillance dans les établissements scolaires, Nicolas Léger a exprimé de vives réserves : "C'est un projet difficilement réalisable. Pour couvrir tous les angles morts, il faudrait une centaine de caméras dans chaque école, ce qui représente un coût exorbitant. La solution réside dans la formation et le nombre accru d'agents, pas dans la surveillance."







