La saison des déclarations fiscales est de retour. Depuis le 9 avril, les contribuables des Pyrénées-Orientales sont invités à remplir leur déclaration de revenus, avec une échéance fixée au 19 mai pour ceux qui préfèrent le format papier et jusqu'au 4 juin pour les déclarations en ligne. Dans un contexte socio-économique délicat, ICI Roussillon a sollicité l'avis de Xavier Deny, directeur départemental des finances publiques, pour mieux comprendre les enjeux présents.
ICI Roussillon : À quoi ressemble la situation fiscale dans les Pyrénées-Orientales ?
Xavier Deny : Nous continuons à occuper l'avant-dernière place en termes de fiscalité, juste après la Seine-Saint-Denis. Nous enregistrons un taux d'imposition des foyers à 39 %, alors que la moyenne nationale dépasse 45 %. Néanmoins, nous notons un changement positif dans l'attitude des particuliers envers la déclaration de leurs revenus et le paiement des impôts.
ICI Roussillon : Cela signifie-t-il qu'il y a peu de fraude fiscale dans notre département ?
Xavier Deny : C'est effectivement le cas. En 2025, 20 millions d'euros de fraude fiscale ont été détectés grâce à 1 400 contrôles. En comparaison, l'impôt sur le revenu rapportait environ 350 millions d'euros, ce qui témoigne d'une situation relativement bonne.
ICI Roussillon : Qui sont les principaux fraudeurs ?
Xavier Deny : Les Pyrénées-Orientales sont un département de contrastes. Bien que nous comptions de nombreux foyers modestes, une partie de la population est très aisée. C'est principalement cette classe qui suscite le plus d'attention lors des contrôles. Cependant, il est important de noter qu'environ 35% des impôts ne sont pas encore recouvrés, en raison de l'insolvabilité organisée et du départ de certains contribuables à l'étranger. La région est également touchée par le narcotrafic, ce qui complique la situation pour les services fiscaux.
ICI Roussillon : Quel rôle joue la géographie dans ces phénomènes ?
Xavier Deny : La proximité de la frontière contribue à des mécanismes liés à la fraude que l'on ne trouve pas forcément dans des départements plus éloignés. Plusieurs activités touristiques, qui utilisent des paiements en espèces, engendrent également des risques. Les entreprises temporaires, souvent présentes sur nos plages en été, sont un autre champ d'action pour les contrôles, car il est difficile de les localiser après leur départ. Nous travaillons en étroite collaboration avec d'autres institutions, y compris la gendarmerie et la justice, pour améliorer nos efforts de recouvrement.







