Selon Le Parisien, l'arrêté pris par Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, pour interdire les expulsions locatives sans solution de relogement, a été suspendu par le tribunal administratif. Signé le 1er avril, cet arrêté visait à protéger les locataires vulnérables à la suite de la fin de la trêve hivernale.
En effet, la préfecture de Seine-Saint-Denis a rapidement contesté cette décision, avançant qu'elle était en contradiction avec les lois en vigueur. La préfecture, dans un communiqué, a déclaré : "Après examen, les services de l'État considèrent que ce texte n’est pas conforme à la loi". Le tribunal de Montreuil a donc décidé de suspendre la mise en œuvre de l'arrêté jusqu'à un examen légal plus approfondi.
Incompétence du maire sur les expulsions
Le tribunal a justifié sa décision en affirmant que "le maire n’est pas compétent pour s'opposer à l’exécution d’expulsions décidées par le juge judiciaire". Cette déclaration n'est pas sans soulever des interrogations sur le rôle des élus locaux dans la protection des habitants face aux décisions judiciaires.
Pour l'heure, l'exécution de l'arrêté est suspendue. De nombreux locataires et associations de défense des droits des habitants, tels que le mouvement Droit au Logement, voient cette décision comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Anne-Marie, représentante de l'association, a déclaré : "Cet arrêté était un dernier rempart pour des milliers de familles menacées d'expulsion. Sa suspension est alarmante".
Les experts du droit immobilier s'accordent à dire que cette affaire illustre les complications qui entourent la relation entre les décisions municipales et les lois nationales. Certains évoquent également la nécessité d'un cadre législatif plus clair pour permettre aux maires d'agir efficacement face aux risques d'expulsion.







