La tension s'accentue entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, son ancien bras droit. Au quatrième jour de son interrogatoire dans le cadre de ce procès en appel, une lettre de Claude Guéant a été présentée à la cour, dans laquelle ce dernier exprime son "écœurement" face aux déclarations faites par Sarkozy à son encontre.
"Tout au long de ma collaboration avec Nicolas Sarkozy, j'ai toujours agi sans jamais être motivé par des intérêts personnels. Je défie quiconque de remettre en question ma loyauté et mon engagement", a-t-il affirmé dans cette lettre, lue le mardi 14 avril.
Lors de son premier interrogatoire, Sarkozy avait évoqué Guéant et un autre proche, Brice Hortefeux, décrivant leur attitude comme "imprécise" lors d'une rencontre avec le dignitaire libyen Abdallah Senoussi en 2005, qualifiant cela d'"erreur" et de "faute".
"Claude, voyez cela"
Senoussi, condamné à perpétuité en France pour son rôle dans l'attentat du DC-10 d'UTA qui avait coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français, serait resté au centre de ce scandale de financement. Sarkozy est soupçonné d'avoir permis à ses proches de négocier un financement avec lui.
Dans sa lettre, Guéant aborde également un dîner officiel en Libye en 2007, signalant que Sarkozy l'avait sollicité pour discuter des préoccupations de Mouammar Kadhafi concernant Senoussi. "C'est Kadhafi lui-même qui a formulé la demande de réexaminer la situation de Senoussi", a précisé Guéant.
Il a expliqué que, lors de cet échange, Sarkozy l'avait aidé en lui disant : "Claude, voyez cela". Toutefois, Guéant savait déjà qu'il ne pouvait répondre favorablement à la demande de Kadhafi sans compromettre les relations entre les deux pays.
"Persuadé que tout était fait en conformité"
Interrogé pendant plus de deux heures, Sarkozy a tenté de clarifier ses déclarations précédentes. "Je comprends que Claude Guéant ressente de la colère et de la tristesse. Mais moi aussi, j'ai mes propres sentiments", a-t-il réagi.
Il exprime sa reconnaissance envers Guéant pour son travail, tout en insistant sur le fait qu'il n'a porté aucune accusation. "J'étais convaincu que tout était fait légalement", a-t-il ajouté.
Condamnation et implications
Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs pour avoir autorisé Guéant et Hortefeux à négocier des financements. Sa peine de cinq ans de prison a été exécutée temporairement, entraînant une incarcération de vingt jours avant sa libération sous conditions judiciaires.
Guéant, âgé de 81 ans, a été condamné à six ans de prison pour cette affaire ainsi que pour d'autres délits, sans mandat d'arrêt dû à ses problèmes de santé.
Dans sa lettre, Guéant a également dénoncé le sous-entendu d'un intérêt personnel, affirmant qu'il n'avait jamais reçu d'argent de quiconque, une allégation qu'il jugeait sérieuse.







