La capitaine de l'équipe féminine iranienne de football, Zahra Ghanbari, a récemment vu ses avoirs bancaires dégelés par la justice iranienne. Ce dégel, annoncé le 13 avril, intervient après que ses comptes avaient été gelés à la suite de sa demande d'asile en Australie, une décision qui a considérablement influencé son parcours.
De "traîtresse" à icône de la réintégration : le parcours de Ghanbari illustre les tensions politiques persistantes en Iran. En avril, le pouvoir judiciaire a opéré le dégel de ses avoirs, précédemment gelés sous l'accusation d'être "traîtresse", en raison de sa demande d'exil. La justice a justifié cette mesure par un prétendu "changement de comportement", après son retour en Iran et son silence médiatique, comme l'indique la source de l'article du Monde.
Une carrière au cœur des tensions
Née le 4 mars 1992 à Kangavar, Zahra a débuté dans des clubs iraniens avant de se faire connaître sur la scène internationale. Elle a participé à plusieurs Coupes d’Asie féminines et devient la meilleure buteuse de l’histoire de son équipe en mars 2026.
Cependant, son parcours a été parsemé d'obstacles, notamment une suspension en novembre 2024, justifiée par le port d’un hidjab jugé "inapproprié". Sa réintégration dans l'équipe a été une pierre angulaire de son combat pour la reconnaissance des droits des femmes en Iran, illustrant les luttes des athlètes face à des systèmes de contrôle stricts, comme le souligne un rapport de The Guardian.
Le silence avant le match de Sydney
Le 3 mars 2026, lors de son premier match de la Coupe d’Asie à Sydney, l'équipe iranienne choisit de ne pas chanter l'hymne national, un acte symbolique qui suscite de vives réactions en Iran, où les joueuses sont pointées du doigt comme des "traîtresses" en période de guerre. Suite à ce match, Ghanbari, accompagnée de plusieurs coéquipières, prend une décision audacieuse en demandant l'asile en Australie, sa détermination affirmée par la promesse de visas humanitaires confirmée par le ministre de l’intérieur australien.
A la suite de l'élimination, des médias d'État iraniens rapportent que Ghanbari a retiré sa demande d’asile, revenant en Iran où elle est accueillie en héroïne. Néanmoins, des sources internes indiquent que cette décision pourrait avoir été influencée par des pressions sur leurs familles, ce qui soulève des questions sur la liberté d'expression des sportives dans un contexte de fort contrôle étatique.
Un symbole de résistance
Le football féminin en Iran est soumis à des contraintes sévères, allant du port du hidjab obligatoire à une exclusion prolongée des stades. Malgré tout, Zahra Ghanbari continue de représenter une lueur d'espoir pour les femmes iraniennes, luttant pour leur place dans le sport et au-delà. Son histoire est un écho des revendications des femmes en Iran, confrontées à un système oppressif qui tente de les réduire au silence.
La présence médiatique et le parcours exceptionnel de Ghanbari ne font pas seulement d'elle une athlète, mais un symbole d'une génération de femmes qui osent défier les normes.







