Des organisations représentant des travailleurs du sexe s'unissent à la sénatrice Anne Souyris pour présenter une proposition de loi ambitieuse, visant à décriminaliser l'activité, dix ans après l'adoption de la loi répressive sur le système prostitutionnel.
Ces associations, dont la Fédération Parapluie rouge, Amnesty International et Acceptess-T, soutiennent que la loi de 2016, qui pénalise l'achat d'actes sexuels, doit être révisée. Dans cette nouvelle proposition, elles appellent concrètement à la décriminalisation du travail du sexe.
Sarah-Marie Maffesoli, de Médecins du Monde, exprime le besoin urgent d'une telle réforme : "C'est ce que revendiquent toutes les travailleuses du sexe à l’échelle mondiale, peu importe leur contexte." Cette proposition inclut notamment l'abrogation des lois punissant les clients et celles relatives au proxénétisme, après avoir consulté une soixantaine de travailleurs et travailleuses du sexe, un effort sans précédent en France selon la sénatrice Souyris.
"Cette loi que nous présentons offre une vision globale et s'inspire des réalités vécues par les travailleurs du sexe. C'est un premier pas vers une réelle reconnaissance de leurs droits," indique la sénatrice à l'AFP, précisant que l'objectif n'est pas de promouvoir la prostitution mais de protéger les individus concernés.
Souyris souligne que cette loi vise à "donner des droits" et à créer un cadre juridique solide et protecteur. "Il s'agit de défendre les personnes contre les violences et de leur permettre d'accéder à des droits qui leur seraient normalement dus, qu'elles choisissent de continuer ou d'arrêter ce travail," affirme-t-elle.
Le député LFI Andy Kerbrat, qui prendra part à un colloque autour de cette proposition, admet qu'il veut améliorer le cadre législatif, mais ne compte pas déposer un texte identique à l'Assemblée en raison de différences de fond avec celui de la sénatrice.
Giovanna Rincon, directrice d'Acceptess-T, soutient que la pénalisation des clients en 2016 a eu des effets néfastes, éloignant les travailleurs du sexe, notamment les personnes transgenres, des soins médicaux, particulièrement en matière de VIH. Sébastien Tuller d'Amnesty International abonde dans son sens, affirmant qu'il est urgent d'améliorer les protections pour les travailleurs du sexe et de lutter contre la violence.
En somme, cette proposition inclut des mesures de soutien pour les migrants en situation irrégulière, ainsi qu'une meilleure protection contre la discrimination et l'exploitation, tout en prévoyant des actions contre la vente de services sexuels par des mineurs.







